électromagnétisme (PSI) · Chapitre 2 · Exercice de TD
Le film d'air qui fait claquer un condensateur
Le condensateur · C. Rôle des isolants : les diélectriques · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Un condensateur plan d'aire a ses armatures distantes de , remplies d'une plaque de verre de permittivité relative et de rigidité diélectrique de l'ordre de . Par défaut de fabrication, la plaque ne fait que d'épaisseur : il reste entre elle et une armature un film d'air d'épaisseur , parallèle aux armatures. On applique .
1) Montrer que l'ensemble se comporte comme deux condensateurs en série, et en déduire sa capacité par unité d'aire. La comparer à celle du condensateur entièrement rempli de verre.
2) Exprimer et calculer le champ dans le film d'air et dans le verre. Le condensateur claque-t-il ? Où ?
3) À partir de quelle tension l'air claque-t-il ? Quelle tension supporterait le condensateur sans défaut ?
4) Expliquer le paradoxe : le défaut est mince et l'isolant qu'il remplace (l'air) a la permittivité la plus faible ; pourquoi est-ce lui qui décide ?
Corrigé
La stratégie. Deux couches parallèles aux armatures portent la même densité de charge à leurs limites : c'est une association en série. Le champ se répartit en raison inverse des permittivités, et la tension se reporte sur la couche la plus faible.
1) Deux condensateurs en série. Le plan de séparation air-verre est une surface équipotentielle (le champ lui est normal) ; on peut y imaginer une armature intermédiaire de charge nette nulle sans rien changer. Les deux couches portent la même charge : elles sont en série, , soit par unité d'aire contre sans défaut : le film de fait perdre de la capacité, parce que l'air a une permittivité sept fois plus faible et compte comme de verre.
2) Le champ se concentre dans l'air. Les deux couches portent la même densité ; le champ vaut dans l'air et dans le verre : sept fois plus intense dans l'air. La circulation donne , d'où Le verre est loin de sa rigidité ; l'air la dépasse de près de trois fois : le film d'air claque. Des décharges s'y produisent (on les appelle décharges partielles), qui érodent peu à peu le verre jusqu'à le percer.
3) Les tensions de claquage. L'air claque dès que , soit . Sans défaut, le verre seul tiendrait jusqu'à : un film d'un dixième de millimètre divise la tension de service par près de vingt.
4) Le paradoxe. À charge donnée, le champ dans une couche est : la couche de plus faible permittivité porte le champ le plus intense. Et c'est l'air qui a, à la fois, la plus faible permittivité et la plus faible rigidité : les deux défauts se cumulent. D'où les précautions industrielles : imprégnation sous vide des condensateurs et des câbles haute tension par une huile ou une résine, pour chasser toute bulle d'air.
Ce que l'exercice installe. Des couches parallèles aux armatures sont en série (même charge, les tensions s'ajoutent) ; le champ s'y répartit en raison inverse des permittivités ; la tenue en tension est décidée par la couche la plus faible, pas par la moyenne. Un défaut mince peut gouverner un composant.
Exercices semblables
- La Terre et l'ionosphère : un condensateur sphérique corrigé
- Le défibrillateur : 200 J dans un film enroulé corrigé
- Câble coaxial : capacité linéique, énergie localisée et rayon optimal corrigé
- Glisser un diélectrique : à charge constante ou à tension constante ? corrigé
- Charger un condensateur coûte le double : la moitié perdue, et comment l'éviter corrigé