électromagnétisme (PSI) · Chapitre 5 · Exercice de TD
Deux cycles pour un même matériau : et , doux ou dur
Milieux ferromagnétiques · C. Le ferromagnétisme · niveau 2
Énoncé
On compare deux matériaux ferromagnétiques (données de l'énoncé, valeurs typiques). Un alliage fer-silicium : champ rémanent , excitation coercitive , utilisé entre . Un aimant néodyme-fer-bore : on modélise son aimantation comme rigide, avec , qui ne bascule que lorsque franchit , avec .
1) Pour l'aimant, tracer l'allure du cycle , puis celle du cycle . Montrer que s'annule pour une excitation de valeur absolue inférieure à : deux coercivités différentes. Calculer .
2) Pour le fer-silicium, comparer aux excitations utilisées. Les cycles et diffèrent-ils sensiblement ?
3) Estimer l'aire du cycle de chaque matériau, et en déduire l'énergie dissipée par unité de volume et par cycle. Lequel convient à un transformateur ? à un moteur à aimants ? Justifier.
4) La température de Curie du néodyme-fer-bore vaut environ , celle du fer-silicium (données de l'énoncé). Pourquoi faut-il la connaître pour un moteur électrique à aimants ?
Corrigé
La stratégie. Tout découle de : à fixée, est une droite de pente en fonction de . Le cycle est le cycle « cisaillé » par le terme , ce qui ne compte que si est comparable à .
1) L'aimant : deux coercivités. Le cycle est un rectangle : tant que , puis ; il revient à pour . Sur la branche , : une droite de pente , qui vaut en et s'annule pour avant que l'aimantation ne bascule en . Le cycle est un parallélogramme : sa coercivité « en » est plus petite que sa coercivité « en ». Entre les deux, est négatif alors que l'aimant reste aimanté positivement : il n'est pas encore désaimanté.
2) Le fer-silicium : un seul cycle. , trois mille fois plus que les excitations utilisées : le terme est négligeable, , et les deux cycles se confondent à un facteur près. Pour un matériau doux, on peut parler indifféremment de l'un ou de l'autre.
3) Doux ou dur. L'aire du cycle , , est l'énergie dissipée par unité de volume et par cycle. Pour le fer-silicium, en assimilant le cycle à un rectangle de demi-largeur et de demi-hauteur : . Pour l'aimant, , et le premier terme est nul sur un cycle : l'aire vaut , quarante mille fois plus. Un transformateur fait parcourir cinquante cycles par seconde à son noyau : il lui faut le matériau doux, à cycle étroit. Un aimant de moteur ne parcourt jamais son cycle : il travaille sur une seule branche, et on veut que rien ne puisse le désaimanter — un énorme, un matériau dur.
4) La température. Au-delà de la température de Curie, l'ordre ferromagnétique disparaît ; en refroidissant, il revient dans chaque domaine, mais sans champ orientant, l'aimantation macroscopique ne se reforme pas : l'aimant est désaimanté irréversiblement. Bien avant, la coercivité du néodyme-fer-bore diminue quand la température monte : un moteur qui chauffe, soumis au champ de ses bobinages, peut désaimanter ses aimants. D'où les limites de température des moteurs à aimants, et l'emploi d'alliages plus coûteux pour les applications chaudes.
Ce que l'exercice installe. « cisaille » le cycle : pour un matériau dur, les cycles et diffèrent et il y a deux coercivités ; pour un matériau doux, ils se confondent. L'aire du cycle mesure les pertes par cycle et classe les usages.
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