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électromagnétisme (PSI) · Chapitre 5 · Exercice de TD

Problème : la bobine à noyau réelle, du cycle à l'oscilloscope au bilan des pertes

Milieux ferromagnétiques · C. Le ferromagnétisme · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un tore de fer-silicium feuilleté, de longueur moyenne et de section , porte un enroulement primaire de spires, de résistance , alimenté à à travers une résistance de mesure , et un enroulement secondaire de spires, laissé ouvert, relié à un montage intégrateur idéal de constante qui délivre , où est la force électromotrice du secondaire. La tension aux bornes de la résistance de mesure est envoyée sur la voie X d'un oscilloscope, sur la voie Y.

1) Par le théorème d'Ampère pour sur la ligne moyenne, montrer que est proportionnelle à l'excitation dans le noyau ; donner le coefficient (en par volt).

2) Par la loi de Faraday, exprimer en fonction de , et montrer que est proportionnelle à ; donner le coefficient. Qu'affiche l'oscilloscope en mode XY ?

3) La tension aux bornes du primaire s'écrit . Exprimer la puissance instantanée qu'il reçoit, puis sa valeur moyenne sur une période, en faisant apparaître l'intégrale sur le cycle. Interpréter.

4) Le cycle relevé est à peu près un parallélogramme : excitation coercitive , champ maximal , excitation maximale . Estimer son aire, puis la puissance perdue dans le noyau. On calcule aussi l'aire d'un cycle échantillonné par la formule du lacet, : la vérifier sur une ellipse d'aire connue. Estimer les pertes par effet Joule dans l'enroulement primaire.

5) Le cycle relevé « en dynamique » contient deux pertes : par hystérésis (énergie par cycle indépendante de la fréquence) et par courants de Foucault (puissance proportionnelle à , d'après le TD précédent). Montrer que la puissance perdue s'écrit . On mesure (données de l'énoncé) à et à , à fixé : séparer les deux contributions.

6) Extrapoler les pertes à , la fréquence des réseaux embarqués dans les avions. Quelles solutions technologiques en déduire ? Énoncer le résultat établi.

Corrigé

La stratégie. Les deux voies de l'oscilloscope mesurent, l'une le courant libre, donc par Ampère, l'autre la dérivée du flux, donc après intégration par Faraday. La puissance reçue par le primaire se réécrit alors comme le produit , intégré sur le volume : le cycle tracé à l'écran est un bilan d'énergie.

1) La voie X mesure . Sur la ligne moyenne, ; donc par volt. Seul le courant libre compte : le matériau n'intervient pas.

2) La voie Y mesure . Le flux à travers les spires vaut , et . L'intégrateur donne (à une constante près, que le montage élimine), soit par volt. Le secondaire ouvert ne débite pas : il ne perturbe pas le noyau. En mode XY, l'oscilloscope trace en fonction de : le cycle d'hystérésis, parcouru cinquante fois par seconde.

3) L'aire du cycle est une énergie. Avec : Sur une période, l'énergie reçue par le second terme vaut , et la puissance moyenne Le premier terme est la perte cuivre (effet Joule dans l'enroulement). Le second est la perte fer : le noyau reçoit, à chaque cycle, l'énergie volumique , égale à l'aire du cycle tracé dans le plan , et ne la restitue pas — elle est dissipée en chaleur. Pour un matériau idéal sans hystérésis, serait une courbe parcourue à l'aller et au retour, d'aire nulle : l'énergie stockée en montant serait rendue en descendant.

4) Valeurs. L'aire d'un parallélogramme de demi-largeur (à mi-hauteur) et de hauteur totale vaut . Volume : . Pertes fer : . Formule du lacet : pour l'ellipse , , échantillonnée en points, avec , , , le calcul numérique donne , contre : accord à près. Pertes cuivre : le courant atteint ; avec , : cent fois moins que les pertes fer. Une bobine à noyau à vide perd surtout dans son fer.

5) Séparer hystérésis et Foucault. Les pertes par hystérésis valent , proportionnelles à (énergie par cycle fixée par l'aire du cycle statique) ; les pertes par courants de Foucault, à fixé, sont proportionnelles à (le champ induit est proportionnel à , la puissance Joule à son carré) : , ou . Avec les deux mesures : À : d'hystérésis, de courants de Foucault. Les tôles minces ont bien fait leur travail : l'hystérésis domine.

6) À . Hystérésis : ; Foucault : ; total environ , dix fois plus qu'à . Les courants de Foucault, négligeables à , deviennent sensibles : on utilise des tôles plus minces (leur puissance varie comme le carré de l'épaisseur), des matériaux à cycle plus étroit, et, aux fréquences plus élevées encore (alimentations à découpage), des ferrites, céramiques ferromagnétiques isolantes, où les courants de Foucault n'existent pratiquement plus. En contrepartie, on travaille à plus faible : les machines et transformateurs à sont plus légers, ce qui compte en avion.

Résultat établi : la puissance moyenne absorbée par une bobine réelle à noyau est : aux pertes cuivre s'ajoutent les pertes fer, dont l'énergie volumique par cycle est l'aire du cycle d'hystérésis dans le plan ; elles se décomposent en pertes par hystérésis, proportionnelles à , et en pertes par courants de Foucault, proportionnelles à et réduites par le feuilletage.

Ce que le problème installe. Mesurer par le courant libre (Ampère) et par la dérivée du flux (Faraday) ; tracer le cycle ; transformer la puissance électrique reçue en et lire l'aire du cycle comme une perte ; distinguer et chiffrer les trois pertes d'une bobine à noyau — cuivre, hystérésis, courants de Foucault — et les séparer par leur dépendance en fréquence.

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