Âge, période, cohorte
Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 1re année), chapitre 13 — Mobilité sociale et transformations des structures sociales
Énoncé
On observe que la part des diplômés du supérieur occupant un emploi de cadre est plus faible chez les trentenaires d'aujourd'hui que chez ceux d'il y a quarante ans. Trois interprétations sont possibles. Les nommer, les distinguer, et dire comment on les départage.
Corrigé
Effet d'âge. À trente ans on n'est pas encore cadre ; on le devient plus tard. L'écart se refermerait alors avec le temps.
Effet de période. Une conjoncture défavorable frappe, la même année, tous les âges. L'écart se refermerait avec la reprise, et pour tout le monde.
Effet de cohorte. La génération entrée après 1975 porte durablement la marque de son entrée : l'écart ne se referme pas, il suit la cohorte tout au long de sa carrière. C'est la thèse de Chauvel.
Comment on les départage. En suivant les mêmes cohortes d'une enquête à l'autre, et non des tranches d'âge. Si la cohorte de reste en retrait à puis à ans, l'effet d'âge est exclu ; si le retrait n'affecte pas les cohortes voisines la même année, l'effet de période l'est aussi.
La limite technique, et elle est réelle. Âge, période et cohorte sont liés par l'identité période âge année de naissance : on ne peut pas identifier les trois effets simultanément sans une hypothèse supplémentaire. Toute décomposition en repose sur une, et il faut la dire.
Le lien avec la mobilité. Un effet de cohorte durable produit une mobilité descendante croissante sans aucune baisse de la fluidité : ce ne sont pas les chances relatives qui se sont dégradées, ce sont les places qui ont cessé de se créer au rythme des diplômes.
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