Adloun

Friedman contre la responsabilité sociale

Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 1re année), chapitre 15 — L'entreprise et sa gouvernance depuis le XIXe siècle

Énoncé

Exposer l'argument de Friedman (1970) contre la responsabilité sociale des entreprises, puis les deux objections principales qu'on lui oppose. Que change la loi PACTE ?

Corrigé

L'argument de Friedman. Le dirigeant est le mandataire des actionnaires. Dépenser les fonds de l'entreprise pour des causes qu'ils n'ont pas choisies revient à lever un impôt sans mandat électif, et à substituer les préférences d'un dirigeant à celles des propriétaires et du législateur. La responsabilité sociale de l'entreprise est d'accroître ses profits en respectant les règles du jeu.

Première objection : les externalités. La loi est incomplète, lente et nationale, alors que les firmes sont globales et que les dommages climatiques dépassent frontières et mandats : attendre la règle laisse l'externalité non traitée.

Deuxième objection : la fiction de la propriété. L'actionnaire est propriétaire de ses titres, non de l'entreprise, qui n'est pas un objet appropriable — argument d'Aglietta et Rebérioux, repris par Notat-Senard. La souveraineté actionnariale n'est donc pas déduite du droit de propriété : c'est un choix de gouvernance.

Ce que change la loi PACTE. Elle ne supprime pas le but lucratif : elle ajoute à l'article 1833 une obligation de prise en considération des enjeux sociaux et environnementaux, et ouvre deux options. C'est une réforme de l'objet social, non du pouvoir : les actionnaires nomment les dirigeants.

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