Adloun

La valeur, en trois courants

Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 1re année), chapitre 3 — Les grands courants de la pensée économique depuis le XVIe siècle

Énoncé

Construire le plan détaillé d'une réponse à la question : « d'où vient la valeur d'une marchandise ? », en confrontant les classiques, Marx et les néoclassiques. Une thèse, un auteur, une limite pour chaque partie.

Corrigé

I. La valeur vient du travail incorporé (classiques). Thèse : le prix naturel est réglé par le coût de production, lui-même ramené au travail (Ricardo, 1817). Limite : la théorie explique mal les biens non reproductibles — un tableau, une terre rare — et bute sur le paradoxe de l'eau et du diamant.

II. La valeur vient du travail, et le profit de son exploitation (Marx). Thèse : la force de travail crée plus de valeur qu'elle n'en coûte ; la plus-value est compatible avec l'échange à valeur égale (Le Capital, 1867). Limite : le passage des valeurs aux prix de production — le « problème de la transformation » — reste discuté.

III. La valeur vient de l'utilité de la dernière unité (néoclassiques). Thèse : le prix résulte d'une utilité marginale décroissante et d'une rareté (Jevons, Menger, Walras, 1871-1874). Limite : l'utilité est subjective et non mesurable ; les préférences sont supposées données.

La synthèse à proposer en conclusion. Marshall (1890) refuse le choix : demander si le prix vient du coût ou de l'utilité, c'est demander quelle lame des ciseaux coupe le papier.

L'erreur à ne pas commettre. Présenter les trois thèses comme trois opinions équivalentes : elles ne répondent pas à la même question. Les classiques cherchent ce qui règle le prix durablement, les néoclassiques ce qui le détermine à l'échange.

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