Adloun

Les cercles sociaux de Simmel, comptés

Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 1re année), chapitre 7 — Les grands courants de la pensée sociologique depuis le XIXe siècle

Énoncé

Un individu appartient à cercles sociaux. Combien de profils d'appartenance sont possibles ? Et avec cercles ? Que devient l'argument de Simmel sur l'individualité ?

Corrigé

Le décompte. Chaque cercle donne deux possibilités — appartenir ou non — donc profils pour trois cercles, dont comportent au moins une appartenance ; et pour dix. Chaque appartenance supplémentaire double le total : dépasse déjà le million. L'argument de Simmel. Dans une société peu différenciée, mes cercles se recouvrent — mes voisins sont mes parents, mes collègues, mes coreligionnaires — et le nombre de profils réellement occupés est minuscule. Dans une société différenciée, ils se croisent, et la combinaison devient presque unique.

La conclusion, et elle est contre-intuitive. L'individualité n'est pas ce qui reste quand on retire le social : c'est ce que produit sa complexification. C'est exactement ce que le programme demande d'établir en parlant de l'individualisation comme d'un processus.

Une réserve d'honnêteté. Le calcul compte des profils possibles, pas occupés : les appartenances sont corrélées, et la variété réelle est bien moindre. L'argument garde sa force qualitative.

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