Déflation, dette et taux réel
Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 10 — L'inflation et le chômage
Énoncé
Un ménage emprunte au taux nominal fixe de par an, remboursable in fine. (a) Calculer le taux d'intérêt réel si l'inflation est de , puis de . (b) Calculer, dans chaque cas, la valeur réelle de sa dette après cinq ans, exprimée en pouvoir d'achat de l'année de l'emprunt. (c) Expliquer pourquoi une banque centrale ne peut pas toujours corriger cela.
Corrigé
(a) La relation de Fisher exacte donne .
Avec : , donc .
Avec : , donc . Le taux réel a bondi de quatre points sans qu'aucun taux nominal ait bougé.
(b) La dette réelle après cinq ans vaut .
Avec : — le pouvoir d'achat à rembourser est inchangé.
Avec : . Le ménage doit rendre de pouvoir d'achat de plus qu'il n'en a reçu, sans avoir rien emprunté de plus.
(c) Parce que le taux nominal ne peut guère descendre au-dessous de zéro : au-delà d'un certain point, détenir des espèces devient préférable à un dépôt rémunéré négativement. Or approximativement : si bute sur et que vaut , le taux réel est bloqué à , et il monte à mesure que la déflation s'aggrave. La politique monétaire se retourne contre son intention — c'est le mécanisme central de Fisher (), et l'argument des politiques non conventionnelles. Ces dernières relèvent du chapitre .
La conséquence macroéconomique. Ce transfert des débiteurs vers les créanciers n'est pas neutre : la propension à dépenser des premiers est plus élevée que celle des seconds, donc la demande globale recule. La déflation n'est pas seulement une gêne comptable, c'est une contraction.
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