« L'inflation est-elle toujours et partout un phénomène monétaire ? »
Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 10 — L'inflation et le chômage
Énoncé
Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un fait pris dans ce chapitre.
Corrigé
I. La proposition décrit correctement les grandes inflations et les horizons longs. Idée directrice : sur les épisodes extrêmes et sur plusieurs décennies, la relation entre monnaie et prix est robuste. Arguments : (1) l'équation de Fisher avec et stables donne mécaniquement le résultat, et l'hyperinflation allemande de en est l'illustration pure — un financement monétaire du déficit ; (2) aucune inflation durable n'a jamais été observée sans expansion monétaire correspondante. Fait : la marche de – sur la figure 1, à par an, correspond aux deux financements monétaires de guerre.
II. Mais elle échoue à expliquer les mouvements de court terme et les chocs d'offre. Idée directrice : à horizon de quelques années, l'inflation a des causes réelles que la monnaie ne résume pas. Arguments : (1) les chocs pétroliers de et produisent une inflation par les coûts, doublée d'un ralentissement — que la théorie quantitative ne prédit pas ; (2) après , la base monétaire est multipliée sans inflation, parce que s'effondre : l'hypothèse de stabilité de la vitesse, qui fait toute la force de la proposition, est fausse. Fait : la marche de – à par an, obtenue dans une période d'expansion massive des bilans de banques centrales.
III. La proposition vaut donc comme règle de politique, plus que comme théorie explicative. Idée directrice : ce que Friedman a réellement gagné, c'est un principe d'action, pas une causalité universelle. Arguments : (1) le vrai enseignement est qu'une inflation ne dure pas sans validation monétaire : le choc de – le confirme a contrario, l'absence de boucle prix-salaires l'a interrompu ; (2) l'inflation dépend au moins autant des anticipations que de la quantité de monnaie, et c'est sur elles que la politique monétaire agit aujourd'hui — l'ancrage, non le contrôle des agrégats. Fait : la désinflation française de –, obtenue par la désindexation autant que par le contrôle monétaire.
Conclusion. La formule est vraie au sens où elle nomme une condition nécessaire de la durée, fausse au sens où elle prétend à une explication suffisante. C'est une thèse sur les régimes, pas sur les trimestres.
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