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Les modèles d'équilibre peuvent-ils guider la politique économique ?

Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 11 — L'équilibre macroéconomique à travers les modèles

Énoncé

Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un fait pris dans ce chapitre.

Corrigé

I. Oui : ils rendent les mécanismes explicites et les effets chiffrables. Idée directrice : un modèle transforme une intuition en une prédiction vérifiable. Arguments : (1) l'effet d'éviction n'est pas une opinion, il se calcule — la hausse du taux de points réduit l'investissement de , dont l'effet multiplié vaut , exactement l'écart entre le déplacement de IS et celui de l'équilibre ; (2) le modèle discipline le débat en le ramenant à des pentes : keynésiens et monétaristes ne s'opposent plus sur des principes mais sur la valeur de . Fait : le passage de à pour une relance de , contre annoncés par le multiplicateur keynésien seul.

II. Mais leurs résultats dépendent entièrement d'hypothèses que le modèle ne teste pas. Idée directrice : changer une hypothèse retourne la conclusion, et rien dans le modèle ne dit laquelle est vraie. Arguments : (1) la même relance de produit , ou selon qu'on est en économie fermée, en change fixe avec mobilité parfaite ou en change flexible — le résultat est un artefact du cadre choisi ; (2) les coefficients sont supposés stables alors qu'ils résument des comportements : c'est la critique de Lucas, et elle est logiquement imparable. Fait : les quatre cas de Mundell-Fleming, où l'efficacité des deux instruments s'inverse d'un régime de change à l'autre.

III. Leur utilité est donc d'organiser le raisonnement, non de fournir la décision. Idée directrice : le modèle sert à savoir quelle question poser, pas à donner la réponse. Arguments : (1) il oblige à nommer l'hypothèse qui porte le résultat — prix fixes, mobilité parfaite, anticipations non révisées —, ce qui déplace le débat vers l'endroit où il est fécond ; (2) il indique ce qu'il faudrait mesurer pour trancher : la pente de LM, la sensibilité de l'investissement au taux, la durée du court terme. Fait : l'aller-retour du revenu, , qui ne dit pas s'il faut relancer, mais dit exactement ce qu'il faudrait savoir pour en décider — combien de temps dure le court terme.

Conclusion. Ces modèles ne sont pas des machines à décisions : ce sont des grammaires. Ils ne disent pas ce qu'il faut faire, ils disent ce qui suit de quoi, et refusent les raisonnements qui sautent une étape. C'est peu, et c'est ce que le débat public omet le plus souvent. Les contraintes réelles auxquelles se heurte la décision — dette, extérieur, coordination — sont l'objet du chapitre .

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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.