Contestabilité contre concentration
Exercice · niveau 2 · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 13 — Politiques structurelles et interventions de l'État face aux défaillances de marché
Énoncé
Deux marchés comptent chacun une seule entreprise. Sur le premier, l'entrée exige un investissement irrécupérable considérable ; sur le second, elle exige un capital entièrement revendable. Comparer le comportement attendu des deux monopoles, et en tirer une conséquence pour la politique de la concurrence.
Corrigé
Premier marché. L'entrant potentiel sait qu'en cas d'échec il perdra son investissement. Il n'entrera que si le profit espéré compense ce risque : la menace d'entrée est faible, et le monopole peut pratiquer un prix élevé durablement.
Second marché. L'entrée est contestable : un entrant peut venir, prendre le marché à un prix légèrement inférieur, et repartir sans perte si le sortant riposte. Cette possibilité suffit à discipliner le monopole, qui pratique un prix proche du coût moyen sans qu'aucune entrée n'ait lieu.
Le point contre-intuitif. Les deux marchés ont la même structure — une seule firme, une part de marché de % — et des comportements opposés. Aucun indicateur de concentration ne les distingue.
La conséquence pour l'autorité de concurrence. La bonne cible n'est pas la part de marché mais ce qui empêche d'entrer : exclusivités, coûts de changement de fournisseur, brevets défensifs, accès à une infrastructure essentielle. C'est précisément ce que visent les remèdes exigés lors des autorisations sous condition.
La réserve. La contestabilité parfaite est une limite théorique. L'entrée n'est jamais instantanée, la sortie jamais gratuite, et l'usage de l'argument pour justifier une dérégulation doit toujours s'accompagner d'une vérification empirique des coûts irrécupérables.
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