Adloun

Dissertation guidée

Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 13 — Politiques structurelles et interventions de l'État face aux défaillances de marché

Énoncé

« L'État peut-il corriger les défaillances de marché ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un fait pris dans ce chapitre.

Corrigé

I. Il le peut, et l'on sait avec quels instruments. Idée directrice : à chaque défaillance correspond un instrument dont le mécanisme est établi. Arguments : (1) le prix du carbone modifie effectivement les comportements dès lors que le plafond est resserré ; (2) la régulation incitative obtient un effort de réduction des coûts qu'aucune tarification au coût réalisé ne peut produire. Fait : sous plafond de prix, l'effort optimal vaut et le coût unitaire tombe de à ; sous tarification au coût du service, l'effort optimal est nul (figure ).

II. Mais l'instrument a un coût, et sa mise en œuvre n'est pas donnée. Idée directrice : le remède se paye, et souvent d'une rente. Arguments : (1) le plafond de prix achète l'efficacité en laissant un profit cinq fois supérieur ; (2) la conception du dispositif décide de tout : un même marché de quotas a produit un prix de euro et un prix de euros. Fait : le rapport de vingt entre les prix de et de , qui ne mesure aucune variation du coût de la dépollution (figure ).

III. D'où le déplacement de la question : non pas « État ou marché », mais quelle architecture. Idée directrice : deux imperfections se comparent, une imperfection ne se compare pas à un idéal. Arguments : (1) la capture et la recherche de rente sont des propriétés structurelles de l'action publique, pas des accidents moraux ; (2) la réponse est procédurale — critères annoncés, mécanismes de sortie, évaluation contradictoire —, ce qui est exactement la thèse de Rodrik sur la politique industrielle. Fait : les quatre lignes de la figure comportent chacune deux flèches, et jamais une seule.

Conclusion. L'État peut corriger, et il l'a fait ; il peut aussi échouer, et de manière prévisible. La question utile n'est donc pas de savoir s'il doit intervenir, mais sous quelles règles — car ce sont elles, et non l'intention, qui décident du résultat.

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