Le paradoxe de Kaldor
Exercice · niveau 2 · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 13 — Politiques structurelles et interventions de l'État face aux défaillances de marché
Énoncé
Un pays voit sa part de marché mondiale progresser alors que ses prix relatifs à l'exportation augmentent. Expliquer ce résultat, dire ce qu'il implique pour une politique de compétitivité, et indiquer sa limite.
Corrigé
L'explication. La demande adressée à un pays ne dépend pas seulement des prix mais de la nature des biens qu'il exporte. Si ce pays est spécialisé dans des produits à forte élasticité-revenu — machines-outils, équipements haut de gamme —, la demande mondiale qui lui est adressée croît plus vite que le revenu mondial. Ce gain de volume peut dépasser la perte due au prix. Et la hausse du prix relatif peut elle-même signaler une montée en gamme plutôt qu'une perte de compétitivité.
L'implication de politique publique. Une politique de compétitivité fondée sur la seule baisse des coûts agit sur le facteur le moins déterminant de la spécialisation. Ce qui déplace durablement une part de marché, c'est la gamme : recherche, qualité, service après-vente, réseaux commerciaux.
La limite du paradoxe. Il ne dit pas que les coûts sont indifférents. Sur des produits standardisés, où les biens sont substituables, l'élasticité prix est élevée et le coût unitaire décide. Le paradoxe vaut pour les biens différenciés, pas pour tous.
L'usage en dissertation. Il sert à refuser l'équation « compétitivité = coût du travail », sans la remplacer par l'équation inverse.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.