Adloun

Rawls contre Nozick

Exercice · niveau 2 · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 15 — Justice sociale et légitimation de l'intervention publique

Énoncé

Un impôt de finance un revenu minimum. Construire l'argument que Nozick oppose à cette politique, puis la réponse que Rawls peut lui faire. Dire enfin sur quoi porte exactement leur désaccord.

Corrigé

L'argument de Nozick. La justice est procédurale : si les revenus ont été acquis par des transactions libres à partir de dotations légitimes, la répartition qui en résulte est juste, quelle que soit son inégalité. Prélever revient à s'approprier le produit du travail d'autrui sans son consentement — Nozick va jusqu'à parler de travail forcé. Et l'argument de Wilt Chamberlain ajoute que maintenir un modèle de répartition exige d'interdire en permanence des échanges volontaires.

La réponse de Rawls. Elle porte sur la prémisse, non sur la conclusion. Les « dotations légitimes » n'existent pas : les talents sont distribués par une loterie naturelle dont nul n'est méritant, et les positions de départ sont héritées. Le revenu « acquis » est déjà le produit d'une coopération sociale organisée par des institutions. La question n'est donc pas de reprendre ce qui appartient à quelqu'un, mais de fixer les règles du partage d'un produit commun — et ces règles sont celles que l'on choisirait sous le voile d'ignorance.

Où porte exactement le désaccord. Ni sur la valeur de la liberté — les deux la placent au premier rang —, ni sur les faits. Il porte sur le point de départ du raisonnement : y a-t-il des titres de propriété antérieurs à l'institution, que celle-ci doit respecter (Nozick), ou la répartition est-elle toujours déjà institutionnelle, donc évaluable (Rawls) ? Une copie qui présente le débat comme une opposition entre égoïsme et générosité n'a pas vu la question.

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.