Adloun

Dissertation guidée

Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 2 — L'analyse économique des échanges internationaux

Énoncé

« Le libre-échange profite-t-il à tous ? » Construire un plan détaillé en trois parties, chacune avec son idée directrice, deux arguments et un fait chiffré pris dans ce chapitre.

Corrigé

I. Oui, au niveau des nations : le gain à l'échange est un résultat robuste. Idée directrice : même le pays le moins efficace partout gagne à se spécialiser, parce que l'avantage comparatif est un rapport interne. Arguments : (1) la spécialisation déplace la frontière de consommation au-delà de la frontière de production ; (2) le commerce intra-branche ajoute un gain de variété et d'échelle qui ne suppose aucun avantage comparatif. Fait : au taux de drap pour vin, le Portugal passe de à unités de drap accessibles () et l'Angleterre de à unités de vin () — figure .

II. Mais le partage entre nations n'est jamais garanti : les termes de l'échange décident. Idée directrice : le gain total est fixe, sa répartition ne l'est pas. Arguments : (1) aux bornes de la zone d'échange, l'un des deux pays gagne tout et l'autre rien ; (2) la thèse Prebisch-Singer soutient que la dégradation tendancielle des termes de l'échange des exportateurs de produits primaires transfère durablement le gain — thèse contestée, ce qui doit être dit. Fait : le produit vaut en tout point de la zone, et le partage égal ne se produit qu'en un point unique, , où chacun obtient — figure .

III. Et à l'intérieur de chaque nation, il y a des perdants identifiables, dont la perte n'est pas transitoire. Idée directrice : le résultat de Stolper-Samuelson est un résultat de long terme, pas un coût d'ajustement. Arguments : (1) le facteur rare du pays voit son revenu réel baisser dans les deux biens, et plus que proportionnellement au prix ; (2) les travaux sur le « choc chinois » montrent que la mobilité supposée par la théorie ne s'observe pas localement. Fait : une baisse de du prix du bien intensif en travail fait reculer le salaire réel de — figure ; et la concurrence des importations chinoises expliquerait de l'ordre du quart du recul de l'emploi manufacturier américain entre et .

Conclusion. Le libre-échange profite aux nations prises globalement, et c'est un des résultats les mieux établis de la discipline. Il ne profite ni à toutes également — les termes de l'échange en décident —, ni à tous à l'intérieur de chacune. La question utile n'est donc pas « faut-il le libre-échange » mais « qui compense qui, et par quel mécanisme » : le gain agrégé rend la compensation finançable, il ne la rend pas automatique.

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