Adloun

Dissertation guidée

Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 4 — Balance des paiements, cours de change et systèmes de change

Énoncé

« Un déficit courant est-il un problème ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un fait ou un calcul pris dans ce chapitre.

Corrigé

I. Non : par construction, un déficit courant est d'abord un financement. Idée directrice : le déficit n'est pas un trou, c'est l'autre nom d'une entrée nette de capitaux. Arguments : (1) l'identité comptable impose qu'un besoin de financement soit couvert par le compte financier, aux erreurs et omissions près ; (2) un pays jeune, à forte rentabilité du capital, doit importer de l'épargne — le déficit y signale un investissement supérieur à l'épargne nationale, non une consommation excessive. Fait : les États-Unis cumulent des déficits depuis les années sans crise de financement, leur passif étant libellé dans leur propre monnaie.

II. Oui : ce qui compte n'est pas le solde mais ce qui le finance et ce qu'il finance. Idée directrice : deux déficits identiques peuvent être soutenables ou mortels. Arguments : (1) un déficit financé par des investissements directs stables n'a rien à voir avec un déficit financé par des capitaux de portefeuille réversibles, dont le retournement provoque les crises jumelles ; (2) un déficit qui finance l'investissement productif se rembourse par la croissance, un déficit qui finance la consommation ne se rembourse pas. Fait : le « péché originel » — s'endetter en devise étrangère — fait qu'une dépréciation, censée corriger le déficit, alourdit d'abord la dette.

III. D'où la vraie question : le déficit est un symptôme, et le régime de change décide de la manière dont il se résorbe. Idée directrice : le problème n'est pas le déficit mais l'ajustement. Arguments : (1) en change flottant, la dépréciation ajuste le solde, avec le retard de la courbe en J — le solde se dégrade d'abord, de à du PIB dans l'exemple de la figure 6, avant de s'améliorer ; (2) en change fixe, l'ajustement passe par les prix intérieurs et donc par l'activité et l'emploi, ce qui rend le déficit politiquement bien plus coûteux — c'est le triangle d'incompatibilité qui dit pourquoi. Fait : la condition de Marshall-Lerner, violée à court terme et vérifiée à long terme, mesure exactement ce délai d'ajustement.

Conclusion. Un déficit courant n'est un problème ni par son existence ni par sa taille, mais par sa composition, son financement et le régime dans lequel il devra se résorber. La question utile n'est pas « faut-il le supprimer » mais « que se passera-t-il le jour où les capitaux cesseront de le financer ».

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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.