Adloun

Friedman contre Nurkse

Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 4 — Balance des paiements, cours de change et systèmes de change

Énoncé

Confronter la défense des changes flexibles par Friedman et le réquisitoire de Nurkse. Sur quoi portent-ils exactement le désaccord ? Que disent les faits depuis ?

Corrigé

Le point de désaccord n'est pas la flexibilité, c'est la spéculation. Friedman soutient qu'elle est stabilisante par sélection : qui achète haut et vend bas perd et disparaît. Nurkse observe qu'elle a été déstabilisante dans l'entre-deux-guerres, les opérateurs suivant les mouvements au lieu de les corriger.

Les deux arguments sont logiquement compatibles, et c'est le cœur de la réponse. L'argument de Friedman vaut à l'échelle d'un opérateur individuel et à long terme ; celui de Nurkse décrit un comportement collectif à court terme, où suivre la tendance est individuellement rationnel tant que les autres la suivent. Une bulle peut donc enrichir les spéculateurs jusqu'à son éclatement : la sélection darwinienne opère trop tard.

Ce que disent les faits depuis . Pour Friedman : le flottement a absorbé les chocs pétroliers sans le retour au protectionnisme des années , et aucun pays n'est revenu durablement aux changes fixes universels. Pour Nurkse : la volatilité des changes excède largement celle des fondamentaux, les écarts à la PPA se comptent en décennies, et Meese et Rogoff montrent qu'aucun modèle ne prévoit rien à court terme.

Position défendable. La question n'est plus « fixe ou flottant » mais « quel régime, pour quel pays, face à quels chocs » — la réponse de Frankel. Et la peur du flottement montre que la plupart des pays ont déjà tranché : ils flottent, mais le moins possible.

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