Dissertation guidée
Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 5 — L'évolution du système monétaire international depuis le XIXe siècle
Énoncé
« Le système monétaire international peut-il se passer d'une monnaie dominante ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un fait pris dans ce chapitre.
Corrigé
I. L'histoire dit non : tout système a eu son pivot. Idée directrice : la coordination monétaire internationale s'est toujours faite autour d'un centre, jamais entre égaux. Arguments : (1) l'étalon-or, réputé impersonnel, était en réalité organisé par Londres, qui fournissait le crédit commercial et la place de compensation ; (2) Bretton Woods a inscrit dans un traité ce que constatait — les États-Unis détenaient de l'ordre des deux tiers du stock d'or mondial. Fait : plus d'un demi-siècle après la fin de la convertibilité, le dollar pèse encore de l'ordre de des réserves allouées (figure 5).
II. Mais la monnaie dominante est aussi la source de l'instabilité. Idée directrice : le privilège du centre est la contradiction du système. Arguments : (1) le dilemme de Triffin est inhérent à toute monnaie de réserve nationale — fournir la liquidité mondiale suppose des engagements croissants, donc une confiance décroissante ; (2) le pays pivot fait sa politique monétaire pour lui-même, et les autres la subissent : c'est l'argument du « déficit sans pleurs » de Rueff, et celui des pays émergents soumis au cycle du dollar. Fait : les engagements extérieurs américains valent près de six fois le stock d'or en (figure 3), et le système s'effondre.
III. Les alternatives existent, mais aucune n'a la profondeur requise. Idée directrice : sortir d'une monnaie dominante suppose de fabriquer ce qui la rend dominante — un marché de dette sûre, profond et unifié. Arguments : (1) le bancor de Keynes et le droit de tirage spécial montrent qu'une monnaie de réserve supranationale est concevable ; mais le second, faute d'usage privé et d'allocations régulières, est resté marginal ; (2) l'euro et le yuan progressent, mais la dette en euros est fragmentée entre États et le compte de capital chinois n'est pas pleinement ouvert — un actif de réserve exige la liberté de sortie autant que la liberté d'entrée. Fait : entré au panier du droit de tirage spécial en , le yuan ne pèse que de l'ordre de des réserves allouées.
Conclusion. Le système peut se passer d'un étalon — il l'a fait en — mais non d'un actif de réserve dominant, parce que la fonction de réserve exige une profondeur de marché que seule une dette souveraine massive et unifiée procure. La question n'est donc pas « avec ou sans monnaie dominante » mais « une seule ou plusieurs », et l'histoire des systèmes multipolaires — l'entre-deux-guerres — n'incite pas à l'optimisme.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.