Adloun

Keynes contre White

Exercice · niveau 2 · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 5 — L'évolution du système monétaire international depuis le XIXe siècle

Énoncé

Comparer le plan Keynes et le plan White sur trois points : la nature de l'actif de réserve, la répartition du fardeau de l'ajustement, et le traitement des pays excédentaires. Dire pourquoi le plan White l'a emporté.

Corrigé

L'actif de réserve. Chez Keynes, une unité de compte purement scripturale, le bancor, émise par une chambre de compensation internationale et détenue par personne en propre. Chez White, une monnaie nationale — le dollar — convertible en or, donc la dette d'un pays.

Le fardeau de l'ajustement. Chez Keynes, il est partagé : chaque pays dispose d'un découvert automatique, et l'union de compensation pousse aux deux bouts. Chez White, il pèse entièrement sur le pays déficitaire, qui doit emprunter au Fonds et accepter les conditions attachées au prêt.

Les pays excédentaires. Chez Keynes, ils sont pénalisés : un intérêt frappe les soldes créditeurs durables, de sorte qu'accumuler des excédents coûte quelque chose. Chez White, ils ne sont soumis à aucune obligation.

Pourquoi White l'emporte. Parce qu'en les États-Unis détiennent de l'ordre des deux tiers du stock d'or monétaire mondial et sont le créancier de tous les autres. Un système qui pénalise les excédents pénaliserait d'abord les États-Unis, et le créancier n'accepte pas une règle qui le vise. La négociation est asymétrique parce que les positions extérieures le sont.

Portée contemporaine. L'argument de la symétrie ressort à chaque discussion sur les déséquilibres mondiaux, et il reste sans réponse : rien n'oblige aujourd'hui un pays durablement excédentaire à s'ajuster.

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