Adloun

Dissertation guidée

Exercice · niveau 3 (difficile) · ESH : économie, sociologie, histoire (ECG 2e année), chapitre 6 — Constitution et fonctionnement du marché international des capitaux

Énoncé

Sujet : « La globalisation financière a-t-elle amélioré l'allocation du capital ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un fait pris dans ce chapitre.

Corrigé

I. En théorie, elle le devait, et sur certains points elle l'a fait. Idée directrice : un marché unifié égalise les rendements et finance les projets par leur rentabilité, non par leur nationalité. Arguments : (1) le décloisonnement a fait chuter les coûts de transaction et permis à des emprunteurs de se financer hors de leur système bancaire national, souvent étroit et administré ; (2) les instruments de couverture permettent de séparer le risque de son porteur — un exportateur peut vendre à terme sans changer de métier —, ce qui est un gain d'efficacité réel. Fait : le profil de gain d'une option (figure 3) montre comment un risque se transfère à qui accepte de le porter, contre une prime bornée.

II. Les faits contredisent pourtant l'espérance : le capital circule en volume, pas en direction. Idée directrice : les flux bruts ne sont pas des transferts d'épargne. Arguments : (1) l'énigme de Feldstein-Horioka — une pente de signifie que près de d'un supplément d'épargne reste investi au pays ; (2) le paradoxe de Lucas — le capital ne descend pas vers les pays où il est rare, parce que ce sont les institutions, non le rendement brut, qui décident où il ose aller. Fait : la mobilité mesurée par l'ampleur des transferts d'épargne plafonne autour de du PIB avant , sous les des années (figure 1).

III. Et elle a produit un coût que la théorie ne comptait pas : l'instabilité. Idée directrice : la question n'est pas seulement l'allocation, c'est le rapport entre le gain d'allocation et le coût des crises. Arguments : (1) l'instabilité est endogène — le levier et l'endettement en période calme conduisent au « moment Minsky », et la chute est bien plus rapide que la montée ; (2) les canaux de contagion — bilans, liquidité, anticipations — font que des pays sans faute sont frappés, ce qui est exactement le contraire d'une bonne allocation. Fait : Reinhart et Rogoff montrent sur huit siècles que la dette publique augmente de plusieurs dizaines de pour cent dans les trois ans qui suivent une crise financière — un coût public d'un désordre privé.

Conclusion. La globalisation financière a amélioré la circulation du capital sans améliorer beaucoup son allocation, et elle a ajouté un risque systémique dont le coût, mesuré en dette publique et en emploi perdu, est du même ordre que les gains attendus. La régulation d'après ne conteste pas le principe du marché unifié : elle en renchérit l'usage, ce qui revient à admettre que le prix privé du risque était inférieur à son prix social.

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