espagnol LV A et LV B (prépas ECG et ECT) · Chapitre 10 · Exercice de TD
Une version au format d'Ecricome
Le lexique : faux amis, collocations, registres · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Traduire en français ce texte écrit pour ce livre (environ 200 mots, la longueur de la version d'Ecricome) : Cuando Lucía volvió a su pueblo, después de quince años en Buenos Aires, apenas reconoció la plaza. El bar donde su padre jugaba al dominó se había convertido en una oficina bancaria, que por cierto solo abría dos mañanas por semana. La panadería seguía en su sitio, pero la regentaba una pareja joven, recién llegada de la ciudad, que había decidido cambiar de vida. Lucía entró a comprar pan y la dueña, embarazada de varios meses, le preguntó si estaba de paso. Ella contestó que todavía no lo sabía. Era verdad: había vuelto para vender la casa familiar, pero desde que había bajado del autobús no dejaba de recordar los veranos de su infancia, las siestas largas, el olor de la tierra mojada. Por la tarde, sentada en un banco de la plaza, se dio cuenta de que el pueblo no había muerto, como decían los periódicos: simplemente había cambiado de manos. Y se preguntó, sin atreverse aún a responder, si no le tocaba a ella formar parte de ese cambio.
Corrigé
Proposition : « Quand Lucía revint dans son village, après quinze ans passés à Buenos Aires, elle reconnut à peine la place. Le café où son père jouait aux dominos était devenu une agence bancaire, qui d'ailleurs n'ouvrait que deux matinées par semaine. La boulangerie était toujours là, mais elle était tenue par un jeune couple, fraîchement arrivé de la ville, qui avait décidé de changer de vie. Lucía entra acheter du pain, et la patronne, enceinte de plusieurs mois, lui demanda si elle était de passage. Elle répondit qu'elle ne le savait pas encore. C'était vrai : elle était revenue pour vendre la maison de famille, mais depuis qu'elle était descendue de l'autocar, elle ne cessait de se rappeler les étés de son enfance, les longues siestes, l'odeur de la terre mouillée. L'après-midi, assise sur un banc de la place, elle se rendit compte que le village n'était pas mort, comme le disaient les journaux : il avait simplement changé de mains. Et elle se demanda, sans oser encore répondre, si ce n'était pas à elle de prendre part à ce changement. »
Les points délicats.
- Apenas : « à peine », placé avant le verbe en espagnol, après en français.
- El bar : en Espagne, le café du village ; « le bar » est possible, « le café » plus juste.
- Oficina bancaria : « agence bancaire » (oficina ne se traduit pas par « officine ») ; por cierto : « d'ailleurs », pas « certainement ».
- Seguía en su sitio : « était toujours là » ; la regentaba : « la tenait » (la gérait) — tournure passive en français pour garder la boulangerie comme sujet.
- La dueña : « la patronne » ; embarazada : « enceinte », le faux ami par excellence.
- Contestó : « répondit » (jamais « contesta ») ; no dejaba de recordar : « ne cessait de se rappeler ».
- Las siestas largas : « les longues siestes » — largo veut dire « long ».
- Por la tarde : « l'après-midi » (jusqu'à la tombée de la nuit).
- Se dio cuenta de que : « elle se rendit compte que ».
- Le tocaba a ella : « c'était à elle de ».
- Le passé simple rend les prétérits d'un récit écrit à la troisième personne ; le passé composé serait possible mais plus plat. Aucun mot n'est omis : l'omission est la faute la plus lourde du barème.