Adloun

espagnol LV A et LV B (prépas ECG et ECT) · Chapitre 5 · Exercice de TD

Une version d'Unamuno

La version : traduire l'espagnol en bon français · niveau 2

Énoncé

Traduire en français ce passage du début de Niebla, roman de Miguel de Unamuno publié en 1914 (chapitre I, texte du domaine public, Project Gutenberg, livre 49836) :

Al aparecer Augusto a la puerta de su casa extendió el brazo derecho, con la mano palma abajo y abierta, y dirigiendo los ojos al cielo quedóse un momento parado en esta actitud estatuaria y augusta. No era que tomaba posesión del mundo exterior, sino era que observaba si llovía. Y al recibir en el dorso de la mano el frescor del lento orvallo frunció el sobrecejo. Y no era tampoco que le molestase la llovizna, sino el tener que abrir el paraguas. ¡Estaba tan elegante, tan esbelto, plegado y dentro de su funda! Un paraguas cerrado es tan elegante como es feo un paraguas abierto.

Corrigé

Proposition : « Lorsqu'il parut sur le seuil de sa maison, Augusto tendit le bras droit, la main ouverte, paume vers le bas, et, levant les yeux au ciel, il demeura un instant immobile dans cette attitude statuaire et auguste. Ce n'était pas qu'il prît possession du monde extérieur : il regardait s'il pleuvait. Et, en recevant sur le dos de la main la fraîcheur de la lente bruine, il fronça les sourcils. Ce n'était pas non plus que la pluie fine l'importunât, mais bien qu'il lui fallût ouvrir son parapluie. Il était si élégant, si svelte, ainsi replié dans son fourreau ! Un parapluie fermé est aussi élégant qu'un parapluie ouvert est laid. »

Les points délicats. Al aparecer : transposition en subordonnée (« lorsqu'il parut »). Quedóse : enclise littéraire, se quedó, « il demeura ». Augusta joue sur le prénom du personnage : « auguste » garde le jeu de mots, il ne faut surtout pas le remplacer par « majestueuse ». No era que… sino era que : la tournure se rend par « ce n'était pas que… : il… » ; le second membre se simplifie. Orvallo (mot du nord-ouest de l'Espagne) et llovizna sont deux noms de la pluie fine : « bruine », puis « pluie fine » évite la répétition. El tener que abrir : l'infinitif substantivé est transposé en subordonnée. Sobrecejo : le front plissé au-dessus des sourcils, « il fronça les sourcils » est l'équivalent idiomatique. La dernière phrase est un chiasme ; on le conserve, au présent, car c'est une vérité générale. L'imparfait du subjonctif français (« prît », « importunât », « fallût ») est ici à sa place : texte littéraire, troisième personne du singulier. On pouvait aussi l'éviter : « non qu'il prenne possession du monde… ».

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