espagnol LV A et LV B (prépas ECG et ECT) · Chapitre 7 · Exercice de TD
Une version d'Unamuno, temps par temps
Le verbe espagnol : ce qui coûte en thème et en version · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Traduire en français ce passage de La tía Tula de Miguel de Unamuno (1921, chapitre I ; texte du domaine public, Project Gutenberg, livre 44358), puis justifier la traduction de chaque forme verbale soulignée ici en gras : llevaba, creyó, ha escrito, vi, viste, podía dejar de haberla visto, has dicho.
Pero Ramiro, que llevaba el alma toda a flor de los ojos, no creyó ver más que a Rosa, y a Rosa se dirigió desde luego.
—Sabes que me ha escrito—le dijo ésta a su hermana.
—Sí, vi la carta.
—¿Cómo? ¿que la viste? ¿es que me espías?
—¿Podía dejar de haberla visto? No, yo no espío nunca, ya lo sabes, y has dicho eso no más que por decirlo…
Corrigé
Proposition : « Mais Ramiro, qui avait l'âme tout entière à fleur des yeux, ne crut voir que Rosa, et c'est à Rosa qu'il s'adressa aussitôt.
— Tu sais qu'il m'a écrit, dit celle-ci à sa sœur.
— Oui, j'ai vu la lettre.
— Comment ? Tu l'as vue ? Tu m'espionnes, alors ?
— Pouvais-je ne pas l'avoir vue ? Non, je n'espionne jamais, tu le sais bien, et tu as dit ça pour le plaisir de le dire… »
Les formes verbales. Llevaba : imperfecto de description, qui n'est pas la périphrase llevar + durée ; llevar el alma a flor de los ojos se rend par « avoir l'âme à fleur des yeux ». Creyó et se dirigió : indefinidos du récit, passés simples. Ha escrito : perfecto d'une nouvelle qui compte au présent, « il m'a écrit ». Vi, viste : indefinidos qui renvoient au moment où Gertrudis a vu la lettre ; dans un dialogue, le français emploie le passé composé (« j'ai vu », « tu l'as vue »), et la nuance espagnole entre les deux passés disparaît — c'est une perte inévitable, que l'on ne compense pas par un passé simple dans la bouche d'un personnage. ¿Podía dejar de haberla visto? : dejar de au sens de « ne pas » (non « cesser de »), avec un infinitif passé : « Pouvais-je ne pas l'avoir vue ? » Has dicho : perfecto, le propos vient d'être tenu. Enfin, a Rosa se dirigió met le complément en tête : la mise en relief française « c'est à Rosa qu'il s'adressa » rend cette insistance. ¿Es que me espías? : le es que interrogatif marque le soupçon, « alors » ou « est-ce que par hasard ».
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