Friedman contre Ghemawat
Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 10 — La mondialisation : une introduction
Énoncé
Exposer la thèse du « monde plat », puis lui opposer trois objections empruntées au chapitre. Conclure sur ce qu'il faut en conserver.
Corrigé
La thèse () : la numérisation et l'effondrement du coût des communications ont supprimé l'avantage de la localisation ; un service peut être produit n'importe où, donc la distance ne compte plus.
Objection 1 — le commerce est d'abord régional. La part intrarégionale des exportations de marchandises est de l'ordre des deux tiers pour l'Europe, de plus de la moitié pour l'Asie (OMC). Si la distance ne comptait plus, on attendrait l'inverse. C'est l'argument central de Ghemawat, et il est mesuré, non asséné.
Objection 2 — les personnes ne circulent pas. % de migrants internationaux en (ONU) : le facteur de production le plus concerné par la thèse — le travail — est justement celui qui franchit le moins les frontières.
Objection 3 — la carte des masses. Trois régions concentrent % des exportations mondiales de marchandises et l'Afrique % (figure 5) ; s'y ajoute la concentration des fonctions de commandement dans quelques villes globales (Sassen). Un monde plat verrait la production se répartir.
Ce qu'il faut conserver. Le fait, non la thèse. La délocalisation de services immatériels est réelle et nouvelle, et Friedman a eu raison de la signaler avant les autres. Mais il a pris un phénomène sectoriel pour une loi générale. Le cadre CAGE de Ghemawat fournit la correction : avant d'affirmer qu'un marché est mondial, mesurer les quatre distances — culturelle, administrative, géographique, économique.
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