La mondialisation : une introduction
Cours complet · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 10 · prépa ECG, 1re année
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Le mot est devenu si courant qu'on l'emploie sans le définir, et c'est là que les copies se perdent. Dire que « tout est mondialisé » n'explique rien ; mesurer ce qui circule, par quelles routes, entre quels lieux, et constater ce qui ne circule pas, voilà le travail. Ce chapitre ouvre le second module : après dix-huit décennies de géopolitique et d'économie, il s'agit maintenant de regarder le monde comme un système d'échanges.
Trois questions l'organisent. Que désigne exactement le mot, et depuis quand le phénomène dure-t-il ? Quels vecteurs — techniques, juridiques, politiques — ont rendu possible la phase actuelle ? Et que dessinent réellement les flux : un monde uniformément relié, ou un archipel de points connectés au-dessus de vastes espaces qui ne le sont pas ? Une mise en garde d'emblée, car elle commande tout le reste : la mondialisation n'est ni un fait de nature ni un processus irréversible. Elle est le produit de décisions politiques — abaisser un tarif, ouvrir un canal, dérèglementer un marché — et ce qui a été décidé peut être défait.
10.1 Ce que le mot désigne
Processus d'intensification et d'interdépendance croissante des échanges — de marchandises, de services, de capitaux, d'hommes et d'informations — à l'échelle de la planète, qui aboutit à traiter le monde comme un espace unique de production, de circulation et de consommation. Le mot ne dit ni que tous les lieux participent, ni qu'ils y gagnent également : il désigne un processus, pas un résultat.
On distingue utilement trois degrés. L'internationalisation : l'échange de produits finis entre économies qui restent distinctes. La multinationalisation : l'implantation de la production à l'étranger, donc le déplacement du capital et non plus seulement des biens. La globalisation : l'organisation d'un processus productif unique fragmenté entre plusieurs pays, où chaque site ne fabrique qu'un segment. Les trois coexistent aujourd'hui ; le chapitre 11 étudie le troisième.
L'anglais dit globalization pour l'ensemble ; le français a gardé deux mots, ce qui est une chance. Employez « mondialisation » pour le processus d'ensemble et « globalisation » pour son étage le plus intégré — la production fragmentée. Une copie qui les confond ne peut plus dater le phénomène qu'elle décrit.
Auteur : Fernand Braudel (1902-1985) — l'économie-monde
Historien français, il publie entre et Civilisation matérielle, économie et capitalisme. La thèse. Bien avant le XXe siècle, des ensembles économiques cohérents ont couvert de vastes espaces : l'économie-monde est un « morceau de la planète économiquement autonome », doté d'un centre qui commande, de zones intermédiaires, et de marges. Le concept le plus utile. Le centre se déplace — Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, New York — et ce déplacement est séculaire. La nuance qu'on oublie. Plusieurs économies-mondes coexistaient jadis sans se recouvrir : c'est leur fusion en une seule qui est le fait moderne. La filiation mène à Wallerstein, qui systématise le modèle.
Auteur : Immanuel Wallerstein (1930-2019) — centre, semi-périphérie, périphérie
Sociologue américain, The Modern World-System paraît à partir de . La thèse. Depuis le « long XVIe siècle », il n'existe qu'un seul système-monde capitaliste, structuré par une division internationale du travail en trois zones : un centre qui concentre les activités à forte valeur, une périphérie spécialisée dans les produits primaires, une semi-périphérie intermédiaire qui joue un rôle politique d'amortisseur. Le concept le plus utile. La semi-périphérie : elle explique pourquoi le système ne se polarise pas en deux camps et pourquoi certains pays montent — Corée du Sud, Chine — sans que la structure disparaisse. Les critiques, qu'il faut connaître. Le modèle explique mal les trajectoires nationales et sous-estime le rôle des politiques publiques. La filiation : la lecture centre/périphérie de toute la géographie du développement.
10.1.1 Trois mondialisations, et non une
Repère : Les trois vagues
Première vague, - : chemin de fer, navire à vapeur, télégraphe, étalon-or ; les prix des céréales convergent entre Chicago et Liverpool, les migrations transatlantiques atteignent des niveaux jamais revus. Repli, - : guerres, protectionnisme, contrôle des changes. Seconde vague, depuis et surtout depuis les années : celle qu'étudie ce module. Il a fallu attendre les années pour retrouver le degré d'ouverture de .
Figure 1. Dix jalons de la mondialisation contemporaine, –, placés à l'échelle du temps. Les quatre premiers jalons occupent les vingt-six premières années (–) ; les six autres se répartissent sur les quarante-sept suivantes, dont quatre à partir de . Le plus grand vide est de treize ans (–) : c'est le creux de la stagflation, où l'on négocie peu. Le plus petit est de quatre ans (–) : les ruptures s'enchaînent.
Auteur : Suzanne Berger (née en 1939) — notre première mondialisation
Politiste américaine, elle publie en Notre première mondialisation. La thèse. La période – fut déjà une mondialisation accomplie — libre circulation des capitaux, migrations massives, convergence des prix — et elle a été défaite en trente ans par des choix politiques. Le concept le plus utile. La réversibilité : rien dans la technique n'imposait le repli de -, ce sont des décisions qui l'ont produit. Ce qu'il faut en retenir pour une dissertation. Toute copie qui présente la mondialisation comme une force naturelle inarrêtable est réfutée par le seul XXe siècle. La filiation : elle nourrit tous les travaux récents sur la fragmentation et la « démondialisation », étudiés au chapitre 12.
Ne datez jamais la mondialisation de sans préciser de quoi vous parlez. La mise en relation des continents commence bien avec les Grandes Découvertes, mais l'intégration des marchés — celle qui fait converger les prix d'un même bien sur deux continents — ne s'observe qu'à partir des années -, avec la chute des coûts de transport. Confondre le contact et l'intégration est l'erreur la plus fréquente sur ce sujet.
10.2 Les vecteurs : pourquoi maintenant ?
Si le monde s'échange davantage, c'est que le coût de l'échange a baissé. Ce coût a deux composantes, l'une technique — transporter, manutentionner, communiquer — l'autre politique — franchir une frontière douanière. Les deux ont reculé ensemble, et c'est leur conjonction qui fait la période.
Figure 2. La double baisse qui rend la période possible : le tarif douanier et le coût de manutention. Chaque panneau a sa propre échelle et les hauteurs y sont proportionnelles aux valeurs : à gauche contre unité, à droite contre . Les deux panneaux ne se comparent pas entre eux — ils mesurent des grandeurs différentes. La seconde barre de droite est presque invisible : c'est la mesure exacte de ce qu'a fait le conteneur.
Auteur : Marc Levinson (né en 1947) — la boîte qui a changé le monde
Économiste et journaliste américain, il publie en The Box. La thèse. L'objet décisif de la mondialisation n'est pas une invention prestigieuse mais une caisse d'acier standardisée. Avant elle, un navire passait plus de temps à quai qu'en mer et la manutention absorbait l'essentiel du coût du fret. Le fait à retenir. Le premier voyage conteneurisé est celui de l'Ideal-X, affrété par Malcom McLean, de Newark à Houston en avril , avec cinquante-huit boîtes à bord. Le concept le plus utile. La normalisation : la boîte ne vaut que parce que tous les ports, les grues, les camions et les wagons du monde acceptent le même gabarit — d'où le rôle décisif des normes ISO adoptées à la fin des années . La filiation : toute la littérature sur la logistique comme infrastructure du capitalisme contemporain.
Équivalent vingt pieds : l'unité de compte du trafic conteneurisé, soit une boîte de mètres. Un porte-conteneurs de dernière génération en transporte plus de ; le trafic manutentionné dans les ports du monde est de l'ordre de millions d'EVP par an (CNUCED, ).
Repère : Du GATT à l'OMC
octobre : signature du GATT à Genève par pays ; huit cycles de négociation suivent. - : le cycle d'Uruguay élargit les règles aux services et à la propriété intellectuelle. er janvier : l'OMC succède au GATT et se dote d'un organe de règlement des différends contraignant. : adhésion de la Chine ( décembre) et lancement du cycle de Doha, jamais conclu. Décembre : l'organe d'appel cesse de fonctionner faute de juges nommés. : membres.
Auteur : David Ricardo (1772-1823) — l'avantage comparatif
Économiste britannique, Des principes de l'économie politique et de l'impôt paraît en . La thèse. Deux pays ont intérêt à échanger même si l'un produit tout mieux que l'autre : il suffit que leurs coûts relatifs diffèrent. Chacun se spécialise là où son désavantage est le moindre. L'exemple canonique. L'Angleterre et le Portugal, le drap et le vin. Le concept le plus utile. L'avantage comparatif, à ne jamais confondre avec l'avantage absolu. Les limites, qu'il faut connaître. Le modèle suppose les facteurs immobiles entre pays, ce que la mondialisation contemporaine dément : quand le capital se déplace, la spécialisation n'est plus donnée par la nature mais choisie par les firmes. La filiation : toute la théorie du commerce international.
La baisse tarifaire n'explique pas tout. Les obstacles non tarifaires — normes techniques, règles sanitaires, procédures douanières, exigences de contenu local — ont pris le relais et sont aujourd'hui la principale entrave mesurable au commerce. Une frontière ouverte sur le papier peut rester fermée en pratique : c'est l'un des thèmes du chapitre 11.
10.3 Les flux : ce qui circule, et dans quel ordre de grandeur
Figure 3. Quatre flux mondiaux, à la même échelle de longueur. Les trois premières barres sont des montants annuels ; la quatrième, hachurée, est un montant quotidien. Elle a exactement la même longueur que celle des services commerciaux — ce qui signifie que le marché des changes brasse en un jour ce que le commerce mondial de services brasse en un an. Rapportée au commerce de marchandises, cette même somme le reproduit en jours.
Retenez ce rapport, il vaut mieux qu'un long développement sur la « financiarisation ». milliards de dollars de marchandises par an, milliards de dollars de devises par jour : le marché des changes reproduit en un peu plus de trois jours la valeur annuelle du commerce mondial de biens. La sphère financière ne double pas la sphère réelle, elle la dépasse de deux ordres de grandeur — et c'est pourquoi une crise financière se transmet au commerce, et non l'inverse.
Prise de participation durable d'un agent résident d'un pays dans une entreprise située dans un autre, avec un seuil conventionnel de % du capital au-dessous duquel on parle d'investissement de portefeuille. L'IDE mesure le déplacement du capital productif, non celui des marchandises : c'est l'indicateur de la multinationalisation. Les flux mondiaux sont de l'ordre de milliards de dollars en (CNUCED).
Deux circulations majeures échappent aux barres de la figure 3. Les hommes : millions de migrants internationaux en , soit % de la population mondiale (ONU, Département des affaires économiques et sociales) — une proportion remarquablement stable depuis un demi-siècle, et bien inférieure à celle de . Les informations : milliards d'internautes en , soit % de l'humanité (Union internationale des télécommunications), et de l'ordre de % du trafic intercontinental de données transporté par des câbles sous-marins. Le paradoxe est frappant : c'est l'immatériel qui circule le plus librement, et les personnes le moins.
10.3.1 La maritimisation, vecteur décisif
Recours croissant à la voie maritime pour les échanges, et report vers le littoral des activités productives et logistiques. Plus de % du commerce mondial de marchandises en volume emprunte la mer, pour de l'ordre de milliards de tonnes transportées par an (CNUCED, ). En valeur, la part est plus faible — l'avion transporte peu de tonnes mais des biens chers.
Figure 4. Les grandes routes maritimes et les six passages qui les commandent. L'épaisseur des routes est uniforme : elle ne mesure rien, seul le tracé compte. Les six disques rouges marquent des passages obligés au sens de Mahan (chapitre 1) : quatre détroits — Gibraltar, Bab el-Mandeb, Ormuz, Malacca — et deux canaux percés dans un isthme, Suez et Panamá. Leur fermeture n'allonge pas un peu le trajet, elle impose le détour en pointillé par le cap de Bonne-Espérance. Les deux tronçons aux bords de la carte rappellent que le Pacifique est coupé en deux par la projection, et non par la géographie. Les contours sont ceux de Natural Earth, et chaque route a été vérifiée au calcul : points par segment, aucun sur la terre.
Le mars , le porte-conteneurs Ever Given s'échoue en travers du canal de Suez et l'obstrue six jours. Plusieurs centaines de navires attendent, quelques-uns choisissent le cap de Bonne-Espérance. À partir de la fin de , les attaques contre les navires en mer Rouge produisent le même effet dans la durée : le trafic du canal chute de l'ordre de moitié au début de , et le détour par l'Afrique australe ajoute de l'ordre de dix jours de mer entre l'Asie et l'Europe. Au même moment, la sécheresse réduit le nombre de transits quotidiens du canal de Panama d'environ trente-six à une vingtaine. Deux passages, deux causes sans rapport — un conflit, un climat — et le même résultat : la route se rallonge et le fret renchérit.
Méthode : Traiter un sujet sur la mondialisation sans réciter
- Nommer le flux. Marchandises, services, capitaux, hommes, informations : ils n'obéissent pas aux mêmes règles ni aux mêmes obstacles. Un sujet qui ne précise pas devient un catalogue.
- Donner un ordre de grandeur daté. Un chiffre sourcé et daté vaut dix adjectifs. « De l'ordre de » n'est pas une faiblesse, c'est de l'honnêteté.
- Localiser. Où passe le flux, par quel détroit, vers quelle façade ? La géographie n'est pas un décor, c'est l'argument.
- Chercher ce qui ne circule pas — les absences sont des faits — et dater le processus : première vague, repli, seconde vague.
10.4 Un monde en réseau, un monde de fractures
Figure 5. Le poids des régions dans les exportations mondiales de marchandises, sur le fond de la figure 4 (OMC, World Trade Statistics, tableau 4, données ). Les sept régions de l'OMC : Europe %, Asie %, Amérique du Nord %, Moyen-Orient %, Amérique du Sud et centrale %, CEI %, Afrique % — somme %. L'intensité de l'aplat croît avec la part ; la surface, elle, ne mesure rien : l'Europe pèse plus que l'Asie et occupe bien moins de place. Trois régions — Europe, Asie, Amérique du Nord — en concentrent %, contre % pour l'Afrique tout entière. Attention au découpage : ce ne sont pas les régions du PNUD de la figure 4 du chapitre 7. L'OMC compte l'Océanie avec l'Asie, le Mexique avec l'Amérique du Nord, l'Égypte et le Maghreb avec l'Afrique, la Türkiye avec l'Europe ; et son « Moyen-Orient » comprend Israël et l'Iran. Comparez avec la figure 4 : même fond, autre couleur — là où l'une montrait des routes, l'autre montre des masses, et l'on voit que les routes desservent les masses.
Ces trois pôles ne s'échangent pas d'abord entre eux : les deux premiers commercent surtout avec eux-mêmes. La part intrarégionale des exportations est de % pour l'Europe et de % pour l'Asie (CNUCED, données ). L'Amérique du Nord fait exception : ses partenaires principaux sont extérieurs à la région. La « mondialisation » des marchandises est donc, pour ses deux premiers pôles, une régionalisation. C'est l'objection décisive à toute description du monde comme un marché unique.
Auteur : Olivier Dollfus (1931-2005) — l'Archipel Mégalopolitain Mondial
Géographe français, il publie La Mondialisation en . La thèse. Le monde mondialisé n'est pas une surface mais un archipel : un ensemble de métropoles fortement reliées entre elles, souvent plus proches les unes des autres — par le temps de transport et le volume d'échanges — que de leur propre arrière-pays. Le concept le plus utile. L'AMM, Archipel Mégalopolitain Mondial : les « îles » sont les grandes villes, la « mer » est l'espace faiblement connecté qui les sépare. Ce qu'il permet de comprendre. Qu'un territoire puisse être à la fois au centre géographique d'un continent et à la marge du système-monde. La filiation : c'est la matrice française de toute la géographie de la mondialisation, et l'outil de lecture des cartes de flux aériens ou financiers.
Auteur : Saskia Sassen (née en 1949) — la ville globale
Sociologue américaine d'origine néerlandaise, The Global City paraît en . La thèse. La dispersion mondiale de la production a pour contrepartie une concentration des fonctions de commandement dans un petit nombre de villes — New York, Londres, Tokyo d'abord — qui abritent les services financiers, juridiques et comptables sans lesquels la dispersion serait ingérable. Le concept le plus utile. La ville globale n'est pas la ville la plus peuplée mais la plus connectée et la plus spécialisée dans le contrôle. La nuance qu'on oublie. Sassen insiste sur la polarisation sociale interne à ces villes : la finance et les services domestiques peu payés y croissent ensemble. La filiation : les classements de villes mondiales, et la géographie des quartiers d'affaires.
Figure 6. L'archipel de Dollfus : un réseau continu posé sur des territoires discontinus. Les sept disques sont des métropoles, reliées entre elles par treize liens horizontaux. Chacune n'a en revanche qu'un seul raccordement vertical vers le territoire qui la porte, et les six intervalles marqués d'un point d'interrogation n'en ont aucun. La figure n'affirme pas que ces intervalles sont vides : elle affirme qu'ils ne sont pas dans le réseau. C'est la définition même d'une marge.
Auteur : Thomas Friedman (né en 1953) — le monde est plat
Journaliste américain, The World Is Flat paraît en . La thèse. La chute des coûts de communication et la numérisation des services ont « aplati » le terrain de jeu : un ingénieur de Bangalore concourt désormais à égalité avec un ingénieur de Boston, et la distance a cessé de compter. Ce qui est juste. L'observation d'un fait réel — la délocalisation des services, impensable vingt ans plus tôt. Ce qui est faux. La généralisation. La distance, la langue, la monnaie, la frontière et l'institution continuent d'expliquer l'essentiel de la structure des échanges. La filiation est surtout polémique : la thèse a suscité sa réfutation la plus utile, celle de Ghemawat, qui l'a mesurée.
Auteur : Pankaj Ghemawat (né en 1959) — la mondialisation est partielle
Économiste indien, World 3.0 paraît en . La thèse. Le monde n'est ni plat ni totalement intégré : il est semi-mondialisé. La plupart des flux que l'on croit mondiaux sont en réalité minoritaires ou régionaux, et la distance — géographique, culturelle, administrative, économique — continue de les gouverner. Le concept le plus utile. Le cadre CAGE : quatre distances à examiner avant d'affirmer qu'un marché est mondial — culturelle, administrative, géographique, économique. La méthode qu'il faut imiter. Ghemawat ne réfute pas Friedman par une opinion contraire, il le réfute en mesurant. C'est exactement ce qu'on attend d'une copie. La filiation : les indices d'intégration mondiale, et tous les travaux qui montrent la prééminence du commerce intrarégional.
Trois choses à retenir de ce chapitre. Un : la mondialisation est datée, périodisée, et réversible — elle a déjà été défaite une fois, entre et . Deux : ses vecteurs sont autant politiques (l'abaissement négocié des tarifs) que techniques (le conteneur), et les deux baisses se sont produites ensemble. Trois : elle relie des points, pas des surfaces — l'archipel de Dollfus et les % africains de la figure 5 disent la même chose. Un monde en réseau est aussi, nécessairement, un monde de fractures.
Repère : Dates et chiffres à retenir pour ce chapitre
Ricardo — - première mondialisation — le GATT — l'Ideal-X — la norme ISO — les changes flottants — - le cycle d'Uruguay — l'OMC — la Chine à l'OMC — le blocage de l'organe d'appel — l'Ever Given. Chiffres : milliards de dollars de marchandises et de services par an (OMC, ) ; d'IDE (CNUCED, ) ; de change par jour (BRI, avril ) ; % du fret en volume par la mer, milliards de tonnes (CNUCED, ) ; % de migrants (ONU, ) et % d'internautes (UIT, ).