Adloun

Dissertation guidée

Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 11 — Les acteurs de la mondialisation et leurs stratégies

Énoncé

« Les firmes multinationales ont-elles pris le pouvoir sur les États ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un exemple pris dans ce chapitre.

Corrigé

I. Beaucoup d'indices donnent à le croire. Idée directrice : la firme organise un espace productif que l'État ne contrôle plus, et fixe des règles qu'il n'a pas votées. Arguments : (1) elle découpe la production entre pays et choisit où loger sa valeur — de l'ordre de % des bénéfices des multinationales sont déplacés vers des paradis fiscaux (Observatoire européen de la fiscalité, ) ; (2) elle édicte des normes privées qui conditionnent l'accès au marché, du gabarit du conteneur au cahier des charges d'un donneur d'ordre. Exemple : le circuit de la redevance, figure 4, qui divise par plus de deux l'impôt d'un groupe sans qu'aucun bien ne se déplace.

II. Mais l'État conserve, et a même reconquis, des leviers décisifs. Idée directrice : la firme opère dans un cadre que l'État écrit, et sur des infrastructures qu'il contrôle. Arguments : (1) l'arme économique s'est étendue — sanctions, contrôle des exportations, extraterritorialité — et elle frappe d'abord des entreprises privées ; (2) le filtrage des investissements entrants, généralisé depuis , trie les capitaux selon leur origine, et l'impôt minimum de % adopté en vise directement le montage de la partie I. Exemple : les deux affaires de , où deux groupes européens transigent avec une administration étrangère au titre d'une loi de .

III. Poser la question en termes de « pouvoir pris » est mal poser le problème. Idée directrice : il ne s'agit pas d'un transfert de pouvoir mais d'une redistribution par structures, au sens de Susan Strange. Arguments : (1) l'État a perdu sur la structure de production et gagné sur celles de la finance et du savoir — ce n'est pas un recul global mais un déplacement ; (2) un troisième acteur s'est installé, sans souveraineté ni capital : ONG, opinions, organisations multilatérales, dont l'action a produit du droit contraignant. Exemple : le Rana Plaza en , puis la loi française de et la directive européenne de — une catastrophe, une opinion, une norme.

Conclusion. Les firmes n'ont pas pris le pouvoir des États : elles exercent un pouvoir d'une autre nature, sur d'autres structures, et les deux se tiennent en dépendance réciproque. La vraie question n'est pas « qui commande » mais « sur quel échiquier » — et la figure 5 rappelle qu'aucun acteur ne les tient tous les quatre.

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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.