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Le durable comme rapport de force

Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 13 — Les défis géopolitiques et géoéconomiques du développement durable

Énoncé

« Le développement durable est-il un projet commun ou un rapport de force ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un exemple pris dans ce chapitre.

Corrigé

I. Un projet commun, et il faut prendre cette unanimité au sérieux. Idée directrice : la contrainte est physiquement globale, d'où un intérêt objectivement partagé. Arguments : (1) le vocabulaire est commun et institutionnalisé, de Brundtland () à l'Agenda ; (2) certains biens sont indivisibles, de sorte qu'aucun acteur ne peut s'en protéger seul. Exemple : les objectifs de sont universels quand ceux de ne visaient que le Sud.

II. Mais tout contenu concret redevient un partage de coûts. Idée directrice : dès qu'il faut renoncer, la question « qui renonce ? » réintroduit le rapport de force. Arguments : (1) le principe des responsabilités communes mais différenciées (Rio, , principe ) enregistre le désaccord plutôt qu'il ne le résout : il reconnaît une dette historique sans en fixer le montant ; (2) les objectifs eux-mêmes s'arbitrent, et l'Agenda ne désigne aucun arbitre. Exemple : la figure 5, trois arbitrages contre deux synergies ; et la déforestation importée, où une norme européenne déplace la charge de preuve sur les producteurs du Sud.

III. D'où un durable qui se joue moins dans les principes que dans les instruments de mesure et les normes. Idée directrice : le lieu du conflit s'est déplacé vers la comptabilité et la réglementation, qui décident de ce qui compte. Arguments : (1) choisir un indicateur, c'est choisir un coupable : émissions territoriales ou empreinte, PIB ou IDH — la figure 6 en donne la mesure ; (2) une norme d'accès au marché s'impose à des producteurs qui n'ont pas voté la règle, contrainte extraterritoriale que les traités n'obtiennent pas. Exemple : la comptabilité en empreinte fait basculer le Canada et la Russie du côté des créditeurs, ce qu'aucune lecture par la richesse ne produirait.

Conclusion. Le développement durable est un projet commun dans ses finalités et un rapport de force dans ses moyens. Ce n'est pas une contradiction mais la structure ordinaire des biens communs : l'accord sur la fin y est facile, l'accord sur le partage de l'effort y est le problème entier.

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