Malthus, Boserup, Meadows
Exercice · niveau 2 · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 14 — Les ressources, un enjeu stratégique
Énoncé
Confronter les trois positions sur le rapport entre population et ressources. Puis dire ce qui, chez Meadows, ne se réduit ni à Malthus ni à Boserup.
Corrigé
Malthus () : la terre impose un plafond de subsistance ; la population le franchit, et le rappel à l'ordre se fait par la misère. La causalité va des ressources vers la population.
Boserup () : la causalité est inverse. La pression démographique oblige à intensifier — raccourcissement des jachères, irrigation, outillage — et c'est donc la rareté qui produit l'innovation. Ce que Malthus prenait pour un plafond n'était qu'un état technique.
Meadows () : ni un plafond unique, ni une confiance illimitée dans l'adaptation. Le modèle World3 couple plusieurs variables — population, production, alimentation, ressources, pollution — et les fait interagir.
Ce qui, chez Meadows, est irréductible aux deux autres. Un, la contrainte n'est pas un stock unique mais l'accumulation de contraintes hétérogènes : sol, eau, matériaux, capacité d'absorption des pollutions. Boserup répond bien à Malthus sur une ressource ; elle ne répond pas à une contrainte multiple, car innover sur l'une consomme souvent les autres. Deux, le dépassement : un système à inertie longue franchit sa limite avant de la percevoir, les signaux arrivant en retard. Ni Malthus ni Boserup ne raisonnent sur les délais de réaction.
Attention : Meadows n'annonce aucune date d'épuisement. Le lui prêter est le contresens le plus répandu sur ce rapport.
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