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Ce que Paris oblige

Exercice · niveau 2 · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 15 — Les défis géopolitiques et géoéconomiques du changement climatique

Énoncé

Un candidat écrit : « l'accord de Paris n'est pas contraignant, c'est pourquoi il ne sert à rien ». Corriger l'énoncé sur le plan juridique, puis discuter le jugement.

Corrigé

La correction juridique. L'accord de Paris est un traité contraignant : il a été ratifié et il fait droit. Ce qu'il contraint, ce sont des procédures — soumettre une contribution déterminée au niveau national, la mettre à jour périodiquement, se soumettre à un cadre commun de transparence et au bilan mondial quinquennal. Ce qu'il ne contraint pas, c'est le niveau des objectifs et leur atteinte. La formule juste est donc : obligation de procédure et de moyens, pas de résultat.

Le jugement, discuté. Contre l'accord : la somme des contributions annoncées ne suffit pas à la trajectoire visée, aucune sanction n'existe, et le retrait est possible — les États-Unis en sont sortis une première fois, y sont revenus, puis ont de nouveau engagé une sortie. Pour l'accord : il obtient une participation quasi universelle que Kyoto n'a jamais eue, et c'est précisément le renoncement à la contrainte de contenu qui l'a permis. Il installe un cycle de révision, un vocabulaire et une comparabilité qui rendent les engagements publics, donc politiquement coûteux à renier. La cible de  °C, ajoutée sous la pression des petits États insulaires, est devenue une référence mondiale bien au-delà du texte.

La conclusion nuancée. L'accord n'est pas un instrument de contrainte, c'est un instrument de coordination et de mise en visibilité. Le juger sur ce qu'il n'a pas voulu être est une erreur de méthode ; le juger sur la trajectoire d'émissions obtenue reste sévère.

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