Dissertation guidée
Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 15 — Les défis géopolitiques et géoéconomiques du changement climatique
Énoncé
« Le changement climatique redistribue-t-il les cartes de la puissance ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un exemple pris dans ce chapitre.
Corrigé
I. Il redistribue d'abord des vulnérabilités, et donc des marges de man{œ}uvre. Idée directrice : la première redistribution est physique, et elle frappe inégalement. Arguments : (1) l'exposition ne suit ni la richesse ni la responsabilité — petits États insulaires, deltas, Sahel cumulent une vulnérabilité maximale et une contribution négligeable au stock accumulé ; (2) certaines régions y gagnent des accès, l'Arctique au premier chef, où le recul de la banquise ouvre routes et ressources. Exemple : la figure 4, et le fait que l'Inde et la Chine portent les deux figurés — le recouvrement interdit une lecture Nord-Sud simple.
II. Il redistribue ensuite des rentes et des dépendances, en déplaçant la puissance énergétique vers la puissance industrielle. Idée directrice : la transition dévalorise un actif — les réserves fossiles — et en valorise un autre — les chaînes de valeur bas-carbone. Arguments : (1) les exportateurs d'hydrocarbures voient leur unique ressource menacée d'échouage, ce qui explique leur position dans la négociation (figure 5) ; (2) la maîtrise des métaux raffinés, des batteries et du solaire devient un instrument de puissance, et le goulet s'est déplacé du gisement vers l'usine (chapitre 14, figure 4). Exemple : l'Inflation Reduction Act de et le mécanisme européen d'ajustement aux frontières de — deux instruments climatiques qui sont aussi des instruments de politique industrielle.
III. Mais il redistribue surtout un pouvoir d'un type nouveau : celui de définir les règles de comptage et les normes. Idée directrice : dans un régime sans contrainte, la puissance consiste à faire adopter sa comptabilité et sa norme. Arguments : (1) choisir le critère — annuel, cumulé, par habitant, territorial ou empreinte — c'est désigner le payeur, et c'est le premier objet de toute négociation (figure 3) ; (2) une norme d'accès au marché contraint des producteurs qui ne l'ont pas votée, là où un traité adopté par consensus produit un plus petit dénominateur commun. Exemple : le renversement de méthode de , qui troque la contrainte de contenu contre l'universalité, déplace le pouvoir vers ceux qui savent mesurer, comparer et publier.
Conclusion. Le changement climatique ne renverse pas la hiérarchie des puissances : les États-Unis et la Chine y demeurent centraux. Mais il change la monnaie de la puissance — d'une puissance de stocks fossiles vers une puissance de chaînes industrielles et de normes — et il donne à des acteurs minuscules, comme les petits États insulaires, une capacité d'influence sans rapport avec leur poids, parce que la règle du consensus leur confère un droit de blocage et que leur cause est moralement inattaquable.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.