Dissertation guidée
Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 17 — La France, une puissance européenne
Énoncé
« La France est-elle plus puissante avec l'Europe que sans elle ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un exemple pris dans ce chapitre.
Corrigé
I. L'Union démultiplie la puissance française là où la taille décide. Idée directrice : sur les terrains où compte la masse — marché, norme, commerce, monnaie — un État de soixante-neuf millions d'habitants ne pèse rien seul, et beaucoup à vingt-sept. Arguments : () la France représente environ % de la population et % du PIB de l'Union, ce qui fait d'elle le deuxième poids d'un ensemble qui négocie en bloc face aux États-Unis et à la Chine ; () la norme européenne s'exporte, et une réglementation obtenue à Bruxelles s'applique de fait bien au-delà des frontières de l'Union. Exemple : la politique agricole commune, obtenue par la France en et dont elle demeure la première bénéficiaire — figure .
II. Mais elle la contraint là où la France tient à décider seule. Idée directrice : le transfert n'est pas également réparti, et il porte précisément sur les instruments dont un État se sert pour amortir ses crises. Arguments : () la monnaie et le droit sont sortis du champ de la négociation — Banque centrale indépendante, primauté du droit de l'Union : ce sont les deux flèches à pointe unique de la figure ; () l'Union n'offre pas de compensation politique à ce transfert, faute de lieu où le désaccord puisse s'exprimer autrement que par un refus global — le « non » de en est la démonstration. Exemple : le solde net au budget, indicateur qui change de signe selon la méthode, et dont l'usage polémique prospère précisément sur cette absence de débat institué.
III. La question est donc mal posée : la vraie variable n'est pas « avec ou sans », mais « quelle Europe ». Idée directrice : la France est plus puissante dans une Europe qui ressemble à la figure , et diminuée dans une Europe qui ressemble à la figure ; tout son effort diplomatique consiste à déplacer le centre de gravité. Arguments : () les deux cartes montrent deux diagnostics de la menace également fondés, dont découlent deux politiques incompatibles — d'où l'échec relatif de l'autonomie stratégique et de l'Initiative européenne d'intervention ; () l'atout décisif de la France est extérieur à l'Union — seul État membre à cumuler siège permanent au Conseil de sécurité et arme nucléaire depuis — ce qui la rend indispensable dans l'Europe de la défense et minoritaire dans l'Europe du marché. Exemple : le couple franco-allemand, qui ne suffit plus à vingt-sept mais sans lequel rien ne se décide.
Conclusion. Plus puissante, oui, mais d'une puissance de nature différente : elle a échangé des instruments qu'elle maîtrisait seule contre une influence sur des décisions qui la dépassaient. Le solde est favorable tant qu'elle sait faire prévaloir sa lecture de la carte — et c'est là, non dans un bilan comptable, que se joue son avenir européen. Reste sa part de puissance qui ne doit rien à l'Europe : elle fait l'objet du chapitre suivant.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.