Haas contre Moravcsik
Exercice · niveau 2 · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 17 — La France, une puissance européenne
Énoncé
Soit la création de la monnaie unique. Rédiger en deux paragraphes ce qu'en dirait un néofonctionnaliste, puis un intergouvernementaliste. Conclure sur ce que chacun explique mal.
Corrigé
Le néofonctionnaliste. La monnaie unique est le débordement attendu du marché unique. Une fois les capitaux libres et les barrières abolies, la volatilité des changes annule une partie des gains de l'intégration commerciale : il devient rationnel de supprimer le change lui-même. La Commission, les banques centrales et les milieux d'affaires ont porté cette logique, et les élites nationales ont déplacé leurs attentes vers l'échelon européen. L'euro était dans l'Acte unique comme le fruit dans la fleur.
L'intergouvernementaliste. L'euro résulte d'un marchandage identifiable entre États, à un moment daté. La France cherchait à sortir d'un système monétaire de fait dominé par la Bundesbank, où elle importait une politique qu'elle ne décidait pas ; l'Allemagne cherchait l'ancrage européen de son unification. Le compromis est lisible dans les institutions : une banque centrale indépendante et un mandat de stabilité des prix, c'est-à-dire le modèle allemand ; mais une monnaie commune, c'est-à-dire la fin du privilège allemand. Chaque clause enregistre un rapport de force.
Ce que chacun explique mal. Le néofonctionnalisme n'explique pas pourquoi l'euro arrive en et non dix ans plus tôt ou plus tard : sa logique n'a pas d'horloge, et elle ne prévoit pas les blocages — les vingt-deux ans de vide de la figure lui sont opaques. L'intergouvernementalisme, lui, explique mal ce qui s'est passé ensuite : l'union bancaire, les rachats d'actifs, l'emprunt commun de n'étaient dans aucun marchandage initial, et ils ont pourtant eu lieu — c'est du débordement à l'état pur.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.