Adloun

Des règles sans garant

Exercice · niveau 2 · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 2 — Tableaux géopolitiques du monde en 1913, 1939 et 1945

Énoncé

Comparer la Société des Nations () et l'Organisation des Nations unies () sur trois points précis, puis expliquer en quoi la seconde tire les leçons de la première — et en quoi elle en hérite un défaut.

Corrigé

Point 1 : les membres. La SDN naît sans les États-Unis, qui n'ont pas ratifié le traité de leur propre président ; l'URSS n'y entre qu'en ; l'Allemagne et le Japon en sortent en . L'ONU est bâtie autour des cinq vainqueurs, États-Unis et URSS compris : les puissances réelles sont dedans.

Point 2 : la décision. À la SDN, le Conseil décide à l'unanimité, ce qui donne un veto à chacun et paralyse tout. À l'ONU, le veto est réservé aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité — inégalité assumée, destinée à garantir que les Grands restent dans la maison plutôt que de la quitter.

Point 3 : la contrainte. La SDN n'a ni force armée ni sanction efficace : l'Éthiopie () le prouve. La Charte de prévoit au contraire, au chapitre VII, des mesures coercitives décidées par le Conseil.

La leçon tirée, et le défaut hérité. La leçon est qu'une organisation sans les puissances et sans moyen de contrainte n'est qu'un forum. Le défaut est le revers exact de la solution : le veto, qui garantit la présence des Grands, interdit toute action contre l'un d'eux ou contre son protégé. On a échangé une paralysie générale contre une paralysie ciblée — c'est un progrès, ce n'est pas une solution.

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