Dissertation guidée
Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 2 — Tableaux géopolitiques du monde en 1913, 1939 et 1945
Énoncé
« Peut-on dire que l'Europe perd le monde entre et ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un exemple pris dans ce chapitre.
Corrigé
I. Oui, et la perte est mesurable. Idée directrice : les instruments de la domination européenne — empires, armées, monnaies, institutions — sont détruits ou passés en d'autres mains. Arguments : (1) les six couleurs impériales de la figure 1 ont disparu de la figure 4, remplacées par deux teintes venues d'ailleurs ; (2) l'Europe de n'est plus le lieu où l'on décide de son propre sort, comme le montrent Yalta et Potsdam. Exemple : le trait pointillé qui coupe l'ellipse européenne de la figure 4 est tracé par des armées dont aucune n'est ouest-européenne.
II. Mais la perte commence avant et se prolonge après . Idée directrice : le basculement est un processus long, dont les dates du programme sont des révélateurs, non des ruptures. Arguments : (1) dès , les États-Unis assurent près du tiers de la production manufacturière mondiale, plus du double du Royaume-Uni : la richesse avait déjà changé de continent quand la puissance ne l'avait pas encore fait ; (2) en , les empires coloniaux sont encore debout sur la carte — la figure 4 les colorie en orange — et il faudra vingt ans de décolonisation pour les défaire, ce qui est l'objet du chapitre suivant. Exemple : le décalage de entre le pays le plus industriel et le pays le plus puissant, définition même d'un ordre en sursis.
III. Ce que l'Europe perd est le centre, non l'influence. Idée directrice : la vraie perte est celle de la position d'où l'on organise le monde ; l'Europe reste riche, peuplée et productrice. Arguments : (1) les institutions de reposent sur des principes largement européens — souveraineté westphalienne, droit des traités, libéralisme économique — mais elles sont désormais garanties par d'autres ; (2) l'Europe de l'Ouest deviendra dès les années l'un des trois pôles économiques mondiaux, ce qui n'est pas le sort d'un continent effacé. Exemple : la figure 5, où le siège de l'ordre nouveau est à San Francisco et à Bretton Woods, non plus à Vienne, Berlin ou Londres.
Conclusion. L'Europe ne perd pas le monde : elle cesse d'en être le centre de commandement. La distinction est décisive, car elle explique pourquoi un continent devenu objet de partage en redeviendra vingt ans plus tard un pôle de richesse — sans jamais redevenir un pôle de décision autonome.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.