Dissertation guidée
Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 3 — Géopolitique de la guerre froide, de la décolonisation et des conflits
Énoncé
« La guerre froide a-t-elle été une période de paix ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un exemple pris dans ce chapitre.
Corrigé
I. Oui, si l'on regarde les relations entre les deux Grands. Idée directrice : le mécanisme de la dissuasion a rendu l'affrontement direct irrationnel, et les deux camps l'ont codifié. Arguments : (1) la figure 4 montre pourquoi aucune première frappe n'est gagnante dès lors qu'une capacité de seconde frappe survit ; (2) après , les deux camps construisent des instruments de gestion de la rivalité — téléphone rouge, traité de non-prolifération, SALT, Helsinki. Exemple : la crise de Cuba, la plus grave de toutes, s'achève sans un coup de feu entre les deux puissances et débouche sur la détente.
II. Non, si l'on regarde le reste du monde. Idée directrice : la rivalité s'est déplacée, non éteinte, et le coût en a été payé ailleurs. Arguments : (1) les six théâtres de la figure 5 sont tous situés hors d'Europe et hors d'Amérique du Nord, ce qui n'est pas un hasard mais le résultat du calcul décrit en I ; (2) la décolonisation, en créant plus de cent États nouveaux, offre autant de terrains où la rivalité peut se rejouer localement. Exemple : l'Afghanistan après , où l'engagement des deux camps transforme un conflit intérieur en guerre longue et en société militarisée.
III. La question est mal posée : ce n'est pas la paix, c'est un ordre. Idée directrice : la période se caractérise moins par l'absence de violence que par sa régulation — prévisible, hiérarchisée, bornée. Arguments : (1) Aron le dit dès : « paix impossible, guerre improbable » — la formule nomme les deux faces d'un même système, et refuse le mot paix ; (2) la stabilité européenne repose sur des frontières reconnues de fait à Helsinki en , non sur une réconciliation, comme le montre le maintien du mur jusqu'en . Exemple : les trois phases de la figure 6, de durées comparables, dont chacune s'achève sur une mécanique différente — une peur, une invasion, un épuisement.
Conclusion. La guerre froide n'a pas été une paix mais une absence de guerre entre deux puissances, obtenue au prix d'une violence reportée sur des tiers. La formule d'Aron reste la plus exacte parce qu'elle est la seule à nommer simultanément ce qui n'a pas eu lieu et ce qui n'a pas cessé.
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