Adloun

L'impuissance de la puissance

Exercice · niveau 2 · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 1re année), chapitre 5 — Le monde actuel : ordre et désordre, émergences et rééquilibrages

Énoncé

Expliquer le paradoxe désigné par Bertrand Badie, puis l'illustrer par deux exemples de nature différente. Dire enfin ce que l'objection tirée de la guerre d'Ukraine lui oppose.

Corrigé

Le paradoxe. Jamais l'écart de moyens militaires entre les grandes puissances et leurs adversaires n'a été aussi grand ; jamais ces moyens n'ont aussi peu produit de résultats politiques durables. La supériorité permet de détruire un adversaire, elle ne permet pas de le faire renoncer, ni de construire à sa place un ordre acceptable localement.

Premier exemple, asymétrique : l'Irak après . La campagne conventionnelle est une réussite technique en quelques semaines ; la décennie qui suit est une occupation contestée, sans stabilisation, avec l'apparition d'acteurs armés que l'intervention a en partie fabriqués.

Second exemple, régional : le Sahel depuis . Des forces entraînées contrôlent tout point où elles se trouvent, et aucun point où elles ne sont pas ; la faiblesse de l'État et l'économie des trafics ne relèvent pas de la force.

L'objection. La guerre d'Ukraine montre depuis que la puissance matérielle décide très directement du sort d'un front. Badie répond que la capacité de détruire n'a jamais été contestée : ce qu'il conteste est la capacité de régler. Un correcteur attend cette nuance, pas une adhésion.

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