Le retrait britannique, lu en géographe
Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 2e année), chapitre 1 — L'Union européenne et ses territoires : intégrations et fragmentations
Énoncé
Analyser le retrait du Royaume-Uni comme un fait géographique, et non seulement politique. Trois entrées attendues.
Corrigé
Première entrée : la géographie du vote. Le résultat a été fortement contrasté dans l'espace — l'Écosse et l'Irlande du Nord majoritairement opposées au retrait, Londres également, tandis que l'Angleterre hors des grandes métropoles y était majoritairement favorable. On retrouve une opposition métropoles / espaces en déprise que l'on observe dans plusieurs pays européens, et qui ne recoupe pas les clivages nationaux classiques.
Deuxième entrée : la réapparition d'une frontière. Le retrait a reposé une question que l'appartenance commune avait neutralisée : celle de la seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l'Union, en Irlande. Rétablir des contrôles y aurait heurté l'accord de paix de ; les éviter supposait de déplacer le contrôle en mer d'Irlande, donc à l'intérieur du Royaume-Uni. C'est une illustration exacte de Foucher : la ligne subsiste toujours, c'est le contrôle qui se déplace.
Troisième entrée : les effets territoriaux. Modification des routes logistiques vers l'Irlande, qui contourne désormais la Grande-Bretagne ; recomposition des relations universitaires et de recherche ; question du statut de Gibraltar. Aucun de ces effets n'était au cœur du débat référendaire, et tous relèvent de la géographie.
Ce qu'il faut éviter. Traiter le retrait comme un cas d'école de désintégration européenne : aucun autre État n'a suivi, et l'épisode a plutôt resserré les vingt-sept. La singularité est un fait à expliquer, pas une tendance à extrapoler.
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