Adloun

La frontière héritée, jugée sur pièces

Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 2e année), chapitre 4 — Afrique, Proche et Moyen-Orient : États et territoires, cultures et sociétés

Énoncé

« Les frontières africaines sont absurdes. » Discuter, en mobilisant la résolution du Caire, les exemples de la figure 3 et les données de l'exercice précédent sur les chiffres contestés.

Corrigé

Ce qui fonde l'accusation. Le tracé est extérieur : la conférence de Berlin réunit quatorze États dont aucun africain. Certaines frontières sont purement géométriques — la ligne Libye-Soudan, de l'ordre de kilomètres en trois segments de méridiens et de parallèles. Le résultat coupe des ensembles de peuplement, laisse seize États sans littoral et crée des anomalies durables, dont Bir Tawil.

Ce qui la limite. Un : l'ampleur est discutée — le % de Barbour () est abaissé à % par un recodage récent, qui rappelle que % des frontières suivent un cours d'eau ou un lac. Deux : l'intangibilité n'a pas été imposée, elle a été choisie au Caire en , contre l'avis de ceux qui réclamaient un redécoupage. Trois : l'argument vaut aussi ailleurs — peu de frontières européennes coïncident avec des aires culturelles, et l'Europe a payé ses redécoupages par des guerres.

La position défendable. Le tracé est arbitraire dans son origine et rationnel dans son maintien. Ce qui pose problème est moins la ligne que la faiblesse de ce qu'elle délimite : un État qui contrôle mal son territoire fait d'une frontière quelconque une frontière coûteuse. Le vrai sujet est l'État, et c'est l'objet des chapitres 5 et 6.

Le piège à éviter. Conclure qu'elles « devraient » être redessinées : l'unique sécession aboutie du continent, celle du Soudan du Sud, n'a pas mis fin à la guerre — elle en a déplacé le tracé.

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