Dissertation guidée
Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 2e année), chapitre 5 — Le développement : politiques et enjeux
Énoncé
« Les politiques de développement ont-elles échoué en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un fait pris dans ce chapitre.
Corrigé
I. Le bilan négatif est réel et documenté. Idée directrice : soixante ans de politiques n'ont pas refermé l'écart, et certaines ont créé des dépendances nouvelles. Arguments : (1) l'Afrique subsaharienne concentre l'essentiel de l'extrême pauvreté mondiale, avec % de sa population sous le seuil international en contre % dans le monde ; (2) l'effacement de plus de cent milliards de dollars de dette par l'initiative PPTE a été suivi, vingt ans plus tard, d'un second cycle d'endettement. Fait : vingt et un États africains en surendettement ou à haut risque au mars , et trois défauts depuis .
II. Mais « échec » suppose une cible unique, et il y a des trajectoires distinctes. Idée directrice : l'aire ne suit pas une trajectoire mais au moins trois, et les moyennes continentales masquent l'essentiel. Arguments : (1) l'amplitude d'indice de développement humain y est de point, la plus large des quatre aires du programme ; (2) des reclassements ont eu lieu — Cabo Verde, la Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-Principe — et l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne est passé de la moitié à un peu plus de la moitié de la population entre et , lentement mais dans le bon sens. Fait : le Nigeria et Maurice, deux États de la même aire, relèvent de deux bandes de développement humain séparées par près d'un quart de point.
III. La question utile n'est pas « ont-elles échoué » mais « qui les décide, et selon quel horizon ». Idée directrice : ce qui distingue les politiques qui tiennent de celles qui échouent est moins l'instrument que le lieu où se prend la décision et la durée sur laquelle elle est tenue. Arguments : (1) Bayart et Amin, de deux côtés opposés, désignent le même point : une ressource extérieure crée une élite qui en dépend, et cette élite reproduit la dépendance ; (2) les parades connues à la malédiction des ressources — fonds souverain, règle budgétaire, impôt hors rente — sont techniquement simples et politiquement coûteuses, ce qui explique qu'elles soient rarement tenues. Fait : le cadre commun du G20, créé en , n'a été saisi que par quatre pays et met des années à traiter chaque dossier — une lenteur qui n'est pas technique mais tient au nombre et à la nature des créanciers.
Conclusion. Les politiques de développement n'ont pas échoué au sens où rien n'aurait bougé ; elles ont échoué à faire ce qu'elles annonçaient, qui était de refermer un écart. Leur principale limite est structurelle : elles agissent sur des flux extérieurs dans des économies dont le problème est la structure intérieure. C'est pourquoi les fragilités qu'elles laissent subsister deviennent des enjeux géopolitiques — l'objet du chapitre suivant.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.