Moyo contre Sachs
Exercice · niveau 2 · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 2e année), chapitre 5 — Le développement : politiques et enjeux
Énoncé
Opposer la thèse de Dambisa Moyo et celle de Jeffrey Sachs sur l'aide. Puis dire ce que l'histoire des années apprend à chacune.
Corrigé
Sachs soutient qu'un pays très pauvre est prisonnier d'une trappe : trop pauvre pour épargner, donc pour investir, donc pour sortir de la pauvreté. Il en déduit un big push — une aide massive et coordonnée, de l'ordre de % du revenu national des pays riches — pour franchir le premier barreau de l'échelle (The End of Poverty, ).
Moyo soutient l'inverse : cinquante ans d'aide d'État à État n'ont pas produit de croissance, et ont produit des gouvernements qui doivent leur ressource aux bailleurs et non à leurs contribuables. Elle propose de la remplacer par l'accès aux marchés obligataires, l'investissement direct et le commerce (Dead Aid, ).
Ce que les années apprennent à Moyo. Sa proposition a été appliquée : plusieurs États africains ont émis des euro-obligations, et le résultat est le second cycle d'endettement — vingt et un pays en difficulté, trois défauts. L'accès aux marchés n'est pas une alternative neutre à l'aide : il transfère la dépendance vers des créanciers plus rapides et moins patients.
Ce qu'elles apprennent à Sachs. L'aide n'a jamais atteint le niveau qu'il demandait, ce qui rend son modèle difficile à réfuter ; et la contraction de l'ordre de % enregistrée en rend son scénario moins probable encore.
La position défendable. Le désaccord porte moins sur le montant que sur le destinataire : Sachs raisonne sur des besoins, Moyo sur des incitations. Banerjee et Duflo déplacent la question en la rendant mesurable dispositif par dispositif.
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