Dissertation guidée
Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 2e année), chapitre 6 — Géopolitique du continent africain, du Proche et du Moyen-Orient
Énoncé
« La faiblesse des intégrations régionales suffit-elle à expliquer la difficulté de cette aire à peser dans le monde ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un fait pris dans ce chapitre.
Corrigé
I. Elle explique beaucoup, et le programme le dit. Idée directrice : sans marché commun ni voix commune, chaque État négocie seul face à des ensembles plus lourds. Arguments : (1) les organisations sont nombreuses mais se chevauchent — le « plat de spaghettis » ; (2) le retrait de trois États de la CEDEAO en - montre qu'une intégration peut reculer. Fait : de l'ordre de % des exportations africaines restent en Afrique, contre environ % en Europe (CNUCED).
II. Mais l'aire pèse déjà, par des voies qui ne doivent rien à l'intégration. Idée directrice : sa position et son sous-sol lui donnent un pouvoir de négociation que ses institutions ne lui donnent pas. Arguments : (1) trois points de passage majeurs y sont situés, et l'on a vu en qu'un acteur non étatique tenant une côte pouvait détourner de l'ordre de la moitié du trafic d'un canal ; (2) les minerais de la transition énergétique y sont concentrés — de l'ordre de % du cobalt mondial en République démocratique du Congo. Fait : cinq armées étrangères à Djibouti simultanément.
III. Le vrai obstacle est ailleurs : des puissances régionales qui s'annulent, et une présence extérieure qui se renouvelle. Idée directrice : ce qui empêche l'affirmation collective est moins l'absence d'institutions que l'absence de leader accepté, et la facilité avec laquelle les rivalités internes sont internationalisées. Arguments : (1) quatre prétendants au Proche-Orient, aucun dominant, et au Maghreb deux États qui s'annulent depuis un demi-siècle ; (2) chaque faiblesse intérieure appelle un parrain extérieur, ce qui rend les institutions régionales inutiles au moment où elles seraient nécessaires. Fait : la substitution russe à la présence française au Sahel entre et , sans qu'aucune organisation régionale n'arbitre.
Conclusion. La faiblesse des intégrations est moins la cause première que le symptôme d'un désaccord sur qui doit conduire. Une intégration suppose qu'un État accepte de payer pour les autres et que les autres l'acceptent : c'est ce double consentement qui manque, non les traités.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.