Dissertation guidée
Exercice · niveau 3 (difficile) · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 2e année), chapitre 8 — Les États-Unis : société, politique et puissance à l'époque contemporaine
Énoncé
« Le fédéralisme américain est-il un facteur de puissance ou de fragilité ? » Construire un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune l'idée directrice, deux arguments et un fait pris dans ce chapitre.
Corrigé
I. Le fédéralisme a été un instrument de puissance. Idée directrice : il a permis d'intégrer un territoire immense et une population hétérogène sans dissoudre l'unité politique. Arguments : (1) il a rendu possible l'extension continentale, chaque territoire nouveau entrant comme État de plein droit et non comme colonie ; (2) il autorise l'expérimentation d'un État à l'autre. Fait : la redistribution décennale des sièges de la Chambre absorbe les déplacements de population sans crise institutionnelle.
II. Mais il produit une représentation inégale et un pouvoir lent. Idée directrice : les contrepoids qui protègent de l'arbitraire protègent aussi du changement. Arguments : (1) l'égalité des États au Sénat crée un rapport de entre Californiens et Wyomingites, et l'article V rend cette règle pratiquement immodifiable ; (2) la dissociation entre majorité populaire et majorité au collège électoral s'est réalisée cinq fois, dont deux depuis . Fait : les neuf juges de la Cour suprême, nommés à vie, font survivre les majorités politiques à elles-mêmes.
III. La vraie question n'est pas le fédéralisme, mais l'écart de préférences qu'il doit désormais absorber. Idée directrice : une architecture faite pour des désaccords modérés supporte mal des désaccords intenses. Arguments : (1) les fractures raciale, scolaire et territoriale ne se superposent pas, ce qui rend les coalitions instables ; (2) les États exercent des compétences — police, école, droit pénal, scrutins — sur lesquelles les préférences divergent fortement, si bien que le fédéralisme n'atténue plus le conflit mais le démultiplie. Fait : ce sont les États, non l'Union, qui organisent les élections fédérales.
Conclusion. Le fédéralisme n'est en lui-même ni puissance ni fragilité : c'est un dispositif d'absorption des désaccords, efficace sur les moyens, coûteux sur les fins.
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