Bâtir un plan
Exercice · niveau 3 (difficile) · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 1 — Du mythe au logos : la naissance de la philosophie
Énoncé
Sujet : « Le mythe est-il le contraire de la raison ? » Proposer un plan en trois parties, chacune énoncée par une thèse et non par un thème, et indiquer pour chaque partie l'exemple précis qui la porte.
Corrigé
I — Oui : ils ne se soumettent pas au même contrôle. Le mythe vaut par sa transmission, le logos par sa justification. L'exemple qui porte : à Hésiode on ne demande pas pourquoi le Chaos vient en premier ; à Thalès, Anaximandre demande pourquoi l'eau — et ce désaccord argumenté fonde une tradition.
II — Non : le mythe pense, et la raison en a besoin. La Théogonie explique par un ordre de naissance, ce qui est une forme d'intelligibilité, non son absence. L'exemple qui porte : Platon écrit le mythe de la caverne au cœur de la République — là précisément où l'argument ne peut plus rien montrer.
III — Le vrai partage n'est pas entre deux facultés, mais entre deux usages. Ce qui compte n'est pas l'origine du discours mais ce qu'on en fait : un récit donné pour vraisemblable et avoué comme tel n'est pas une croyance ; un raisonnement qu'on refuse de discuter est déjà un mythe. L'exemple qui porte : la tragédie, qui tient deux légitimités ensemble sans les réconcilier, n'est ni un mythe naïf ni une démonstration — et c'est une troisième forme de pensée (figure 4).
La faute à éviter. Le plan « avant / après », qui raconte une victoire de la raison sur l'obscurité. Il est descriptif, il ne démontre rien, et il est faux : les deux coexistent chez le même auteur.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.