Le mythe chez le philosophe
Exercice · niveau 3 (difficile) · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 1 — Du mythe au logos : la naissance de la philosophie
Énoncé
Platon condamne les poètes dans la République et écrit lui-même des mythes — la caverne, l'attelage ailé, le récit d'Er. Cette contradiction est-elle réelle ? Construire une réponse en trois moments.
Corrigé
Premier moment : la contradiction est réelle en apparence. Platon reproche aux poètes de produire des images d'images, éloignées du vrai de deux degrés, et de flatter la partie irrationnelle de l'âme. Or ses mythes sont bien des récits imagés adressés à cette même partie.
Deuxième moment : la différence de statut. Le mythe platonicien n'est pas donné pour vrai. Il intervient là où l'argument ne peut plus avancer — sur ce qui excède l'expérience : le destin de l'âme, l'origine du monde, la nature du bien. Il est présenté comme vraisemblable et souvent conclu par un aveu de prudence. Le poète, lui, présente son récit comme la chose même.
Troisième moment : ce que cela dit du logos. Le recours au mythe marque la limite du discours rationnel, et le fait de la marquer est encore un acte rationnel. La contradiction se dissout, mais elle laisse une question ouverte, qui est la bonne : un savoir qui reconnaît sa limite doit-il se taire, ou peut-il parler autrement ? Toute la tradition, jusqu'à Kant, héritera de ce partage.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.