Absolu n'est pas arbitraire
Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 10 — L'État de droit, la souveraineté, la démocratie
Énoncé
Bodin définit la souveraineté comme « puissance absolue et perpétuelle ». Faut-il en conclure que le souverain peut tout ?
Corrigé
Non, et le contresens est fréquent. Absolue signifie chez Bodin « déliée » des lois civiles antérieures — le souverain n'est pas tenu par les lois de ses prédécesseurs ni par les siennes propres, sans quoi il ne pourrait pas légiférer. Le mot dit une position dans l'ordre juridique, non une permission morale.
Les bornes que Bodin maintient explicitement : les lois divines et naturelles, qui s'imposent à tout homme ; les lois fondamentales du royaume, qui constituent le souverain lui-même et qu'il ne peut donc défaire ; et la propriété des sujets, d'où il suit qu'il ne peut lever l'impôt sans leur consentement.
Ce que le contresens fait perdre. Il empêche de voir que la question de l'État de droit est contemporaine de l'invention de la souveraineté, et non postérieure : Bodin pose le sommet et lui assigne aussitôt des limites. Ce qui manquera pendant quatre siècles n'est pas l'idée de la limite, c'est l'organe capable de la faire respecter (figure 5).
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.