Adloun

Locke contre Descartes

Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 11 — Naissance du sujet : Montaigne, Descartes

Énoncé

En quoi la thèse de Locke sur l'identité personnelle () menace-t-elle le sujet cartésien, alors même qu'elle en paraît proche ?

Corrigé

La proximité apparente. Locke, comme Descartes, cherche ce qui fait que je suis moi ; comme lui, il le cherche du côté de la conscience et non du corps.

La rupture. Descartes conclut à une chose qui pense — une substance, qui existe qu'on y pense ou non. Locke refuse ce pas : ce qui constitue la personne n'est pas une substance mais un rapport, la continuité par laquelle une conscience se rattache ses actes passés. Le moi n'est plus un être, c'est un lien.

Pourquoi c'est une menace. Un lien peut se rompre. Si le moi tient par la mémoire, alors ce que j'ai oublié n'est plus à moi, et l'unité de la personne devient une affaire de degré. C'est ouvrir la porte : Hume, en , franchira le seuil en soutenant que le moi n'est rien de plus qu'un faisceau de perceptions liées. Le fondement cartésien n'a donc tenu qu'un demi-siècle — c'est le point de départ du chapitre suivant.

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