L'objection de la responsabilité
Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 12 — Le moi décentré : de Rousseau à Freud
Énoncé
« Si mon désir inconscient décide, je ne suis plus responsable de mes actes. » Prendre l'objection au sérieux, puis y répondre en s'appuyant sur la figure 6.
Corrigé
L'objection est sérieuse, et il faut le dire. Une instance qui décide à ma place déplace le sujet de l'imputation : si c'est le ça qui a voulu, ce n'est pas moi. La difficulté est réelle, et un devoir qui l'expédie d'un « certes » se prive de sa meilleure partie.
La première réponse : décentrer n'est pas destituer. Freud n'écrit pas que le moi est un pantin : il écrit qu'il sert trois maîtres, ce qui suppose qu'il négocie. Et il assigne à la cure un but qu'il formule comme un programme : que le je advienne là où régnait le ça (trente et unième leçon, ). Une phrase pareille n'a de sens que s'il reste quelqu'un pour advenir.
La seconde réponse : la connaissance change la donne. Savoir par quoi je suis déterminé n'annule pas la détermination, mais crée un rapport nouveau à elle — c'est exactement ce que Marx dit de l'histoire : les hommes la font, sans choisir les circonstances (Le Brumaire, ). La formule à retenir : le décentrement décrit une condition, il ne prononce pas une fatalité.
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