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Le moi décentré : de Rousseau à Freud

Cours complet · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 12 · prépas ECG et ECT, 1re année

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Le chapitre précédent s'est achevé sur un fondement : un point que le doute n'atteint pas, et sur lequel on peut bâtir. On s'attendrait à ce que la suite soit une construction. C'est le contraire qui arrive. À peine posé, le sujet est contesté — et il l'est de l'intérieur, par des penseurs qui ne nient pas qu'on pense, mais qui nient que celui qui dit « je » soit le maître de ce qui se pense en lui.

Le mouvement est rapide. Cent deux ans séparent le Discours de la méthode () du Traité de la nature humaine de Hume (), où le moi est dissous en un simple faisceau. Le fondement n'a pas eu le temps de prendre.

La question de ce chapitre est donc celle-ci : qu'est-ce qui parle, quand je dis « je » ? On verra que chaque grande contestation répond en nommant une instance — l'habitude, le regard d'autrui, la position sociale, le désir refoulé — et qu'elle ne supprime jamais le sujet : elle lui retire seulement le privilège de se connaître d'un seul regard.

Définition 12.1Décentrement

Opération par laquelle on montre que ce qu'on croyait au centre n'y est pas. Le mot vient de l'astronomie — la Terre décentrée par Copernic — et Freud l'a repris pour décrire une série de coups portés à l'amour-propre de l'humanité (Une difficulté de la psychanalyse, ). Décentrer le moi, ce n'est donc pas le nier : c'est montrer qu'il tourne autour d'autre chose que lui.

Attention

Trois erreurs de chronologie, et elles se voient tout de suite. Un. Rousseau ne précède pas Descartes : il le suit, de plus d'un siècle. Le Discours de la méthode est de , le Discours sur l'origine de l'inégalité de . Deux. L'ordre de ce chapitre n'est pas un ordre logique déguisé en histoire. La première contestation n'est pas celle de Rousseau mais celle de Hume, en — soit seize ans avant le Discours sur l'inégalité, et quarante-trois ans avant la publication des Confessions (). Trois. Marx et Freud ne se lisent pas l'un l'autre : Marx meurt en , Freud publie son premier grand livre en et ne discute le marxisme qu'en , pour le contester. Leur rapprochement est l'œuvre du XXe siècle, pas une filiation. Écrivez « on les a rapprochés » et non « Freud reprend Marx ».

12.1 Hume : un faisceau, et non une chose

Auteur : David Hume (1711–1776) — le moi n'est pas une substance

Philosophe et historien écossais, auteur du Traité de la nature humaine ( pour les livres I et II, pour le livre III) et de l'Enquête sur l'entendement humain (). La thèse. Quand je rentre en moi-même pour saisir ce moi dont on parle, je ne rencontre jamais qu'une perception particulière — une chaleur, une couleur, un chagrin — et jamais le moi lui-même. Ce que j'appelle « moi » n'est donc pas une chose sous les états : c'est un faisceau de perceptions qui se succèdent (Traité, I, IV, 6). Le concept le plus utile. L'habitude : ce n'est pas la raison qui lie mes perceptions en une personne, c'est l'imagination, aidée de la mémoire, et par un mécanisme dont je n'ai pas conscience. La filiation. Hume prolonge Locke (), qui avait déjà remplacé la substance par la continuité de conscience, et il va plus loin : il retire aussi l'unité. Kant dira que la lecture de Hume l'a réveillé de son « sommeil dogmatique » — il lui accordera que le moi n'est pas donné comme une chose, et lui refusera que l'unité soit une simple habitude.

Figure 1. Le désaccord ne porte pas sur ce que je constate, il porte sur ce qui l'unit. Descartes et Hume observent la même chose — une suite d'états de conscience. Descartes conclut qu'il y a là-dessous une chose qui les porte, parce qu'un acte suppose un agent ; Hume répond qu'il a cherché cette chose et ne l'a jamais rencontrée, et qu'un principe qu'on ne rencontre jamais n'a pas à être posé. Ce que la distinction interdit : dire que Hume « nie le moi ». Il ne nie pas qu'il y ait un moi, il nie qu'il soit une substance — et il explique par quel mécanisme, l'habitude, nous croyons en trouver une.

iRemarque

Notez l'argument, il est réemployable partout : ce dont on n'a jamais l'expérience n'a pas à figurer dans l'explication. C'est le principe d'économie de l'empirisme, et vous le retrouverez au chapitre suivant chez les Lumières, quand il servira contre les causes finales et les qualités occultes.

12.2 Rousseau : le moi vient du regard d'autrui

Hume enlevait au moi sa substance ; Rousseau lui enlève son origine. Ce que je prends pour le plus intime en moi — le désir d'être estimé, la susceptibilité, l'ambition — n'est pas né avec moi : c'est un produit de la vie en société, et il n'existe qu'en comparant.

Figure 2. Deux sentiments qu'une seule langue confond, séparés par un seul mot : la comparaison. L'amour de soi est le sentiment qu'un être a de sa propre conservation ; il a une mesure, donc une fin. L'amour-propre est relatif : il ne veut pas un bien, il veut un rang — et un rang n'est jamais acquis, puisqu'il dépend des autres. Le détail qui compte : Rousseau pose cette distinction dans une note du Discours sur l'origine de l'inégalité (), la quinzième. Les deux colonnes viennent donc du même texte, ce qui interdit d'y voir une évolution de sa pensée. Et la conséquence politique : si l'amour-propre naît de la société, alors une société mal faite ne corrompt pas un homme déjà mauvais — elle produit le mal qu'elle dénonce.

Auteur : Jean-Jacques Rousseau (1712–1778) — s'écrire pour se rendre à soi-même

Genevois, musicien, romancier, théoricien politique. Auteur du Discours sur l'origine de l'inégalité (), de La Nouvelle Héloïse (), d'Émile et du Contrat social (), des Confessions (rédigées entre et , publiées après sa mort en et ) et des Rêveries du promeneur solitaire (). La thèse. Ce que j'ai de plus personnel m'a été donné du dehors : l'amour-propre, qui me fait vouloir être préféré, est né du regard des autres — et il a déformé jusqu'à mon rapport à moi-même. Le concept le plus utile. L'aliénation au sens rousseauiste : l'homme socialisé vit « hors de lui », dans l'opinion qu'on a de lui, et ne sait plus ce qu'il veut en propre. La filiation. Les Confessions s'ouvrent sur l'annonce d'une entreprise sans exemple : montrer un homme dans toute la vérité de sa nature. Montaigne se peignait en homme moyen ; Rousseau prétend tout dire, y compris ce qui l'accable — et c'est cette exigence-là, non le récit de soi, qui est neuve. Toute l'autobiographie moderne en vient, et Proust en héritera la conviction que le moi sincère n'est pas celui qu'on montre.

Exemple 12.2Où l'on voit que l'amour-propre change ce qu'on veut

Rousseau observe que le sauvage, s'il est offensé, riposte et n'y pense plus, tandis que l'homme policé rumine. Pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent pas la même chose. Le premier veut réparer un dommage : le dommage réparé, l'affaire est close. Le second veut rétablir un rang devant témoins : or un rang n'est jamais rétabli une fois pour toutes, puisqu'il faut que les autres le reconnaissent, et ils changent d'avis. Ce qu'il faut en retenir : l'amour-propre n'est pas un amour de soi plus intense, c'est un désir d'une autre nature — comparatif, donc sans terme. C'est le même raisonnement que fera l'économie sur les biens de position.

Auteur : Fiodor Dostoïevski (1821–1881) — le personnage qui refuse d'avoir raison

Romancier russe, auteur des Carnets du sous-sol (), de Crime et châtiment (), des Frères Karamazov (–). La thèse. L'homme n'agit pas selon son intérêt bien compris, et il ne veut pas seulement être heureux : il veut aussi vouloir. Placé devant une démonstration qui prouve où est son avantage, il lui arrive de faire le contraire pour la seule raison qu'on la lui a démontrée. Le concept le plus utile. Le caprice comme preuve, par l'absurde, qu'un sujet ne se réduit pas à un calcul : ce qui résiste au calcul n'est pas la bêtise, c'est la revendication d'être quelqu'un plutôt qu'une touche de piano. La filiation. L'homme du sous-sol attaque le rationalisme optimiste de son siècle, celui qui promettait de déduire la conduite juste de l'intérêt bien entendu ; il est le pendant littéraire, exactement contemporain, de la critique philosophique du sujet transparent. Nietzsche, qui le lit tard et avec admiration, y trouve une psychologie du ressentiment ; Freud lui consacre un article en .

12.3 Marx : l'être social

Auteur : Karl Marx (1818–1883) — ce n'est pas la conscience qui commande

Philosophe, économiste et militant, auteur avec Engels du Manifeste du parti communiste (), de la Contribution à la critique de l'économie politique () et du Capital, livre I (). La thèse. Ce que les hommes pensent d'eux-mêmes ne s'explique pas par leur conscience : la préface de énonce que ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être, mais inversement leur être social qui détermine leur conscience. Le concept le plus utile. L'idéologie : non pas le mensonge de quelqu'un, mais une représentation qui se produit spontanément à partir d'une position sociale, et qui présente comme naturel et universel ce qui est historique et particulier. Dans L'Idéologie allemande (rédigée en –, publiée seulement en ), Marx et Engels comparent ce renversement à celui d'une chambre noire. La filiation. Marx retourne contre Hegel sa propre dialectique et contre les Lumières leur propre exigence : la critique doit s'appliquer aux conditions de la critique. Il faut cependant lire jusqu'au bout — dans Le Brumaire de Louis Bonaparte (), il écrit que les hommes font leur propre histoire, mais qu'ils ne la font pas dans des circonstances choisies par eux. Le sujet n'est donc pas supprimé ; il est situé.

Important

L'erreur à ne jamais commettre sur l'idéologie. Une idéologie, chez Marx, n'est pas un mensonge délibéré, et l'accuser d'insincérité manque entièrement la thèse. Le propriétaire qui tient la propriété pour un droit naturel le croit sincèrement : c'est précisément parce qu'il le croit que la représentation fonctionne. Un devoir qui écrit « les dominants inventent une idéologie pour tromper les dominés » a remplacé une analyse par un complot — et c'est la faute la plus fréquente sur cette notion.

12.4 Freud : une part de moi pense sans moi

Nietzsche avait ouvert la voie sur un autre terrain. Dans Par-delà bien et mal (), il objecte que dire « je pense » est déjà une interprétation et non un fait : une pensée vient quand elle veut, non quand je veux, et c'est notre grammaire — qui exige un sujet devant chaque verbe — qui nous fait ajouter un « je » à l'événement. Quatorze ans plus tard, Freud donne à cette intuition un appareil et une clinique.

Auteur : Sigmund Freud (1856–1939) — ce qui parle quand je ne parle pas

Neurologue viennois, fondateur de la psychanalyse. Œuvres repères : L'Interprétation du rêve (), Psychopathologie de la vie quotidienne (), les Leçons d'introduction à la psychanalyse (–), Le Moi et le Ça (). La thèse. Une part de la vie psychique est inconsciente, et elle est active : elle produit des effets — rêves, lapsus, oublis, symptômes — qui ont un sens et obéissent à des lois. Le refoulement n'efface pas, il déplace. Le concept le plus utile. La seconde topique (Le Moi et le Ça, ) : le ça, réservoir des pulsions ; le surmoi, instance des interdits intériorisés ; le moi, qui compose entre eux et avec le monde extérieur. Freud décrit le moi comme le serviteur de trois maîtres, ce qui dit tout : il n'est ni supprimé ni souverain, il est en charge. La filiation. Dans Une difficulté de la psychanalyse (), Freud inscrit son travail dans une série de blessures faites à l'orgueil humain : la blessure cosmologique (Copernic : la Terre n'est pas au centre), la blessure biologique (Darwin : l'homme descend de l'animal), et la blessure psychologique — le moi n'est pas maître dans sa propre maison. La formule est de lui ; nous la traduisons ici de l'allemand, les traductions françaises récentes étant elles-mêmes protégées.

Figure 3. Le moi n'est pas nié : il est mis au travail. La seconde topique (Le Moi et le Ça, ) ne remplace pas le sujet par un mécanisme aveugle ; elle décrit une instance qui doit satisfaire trois exigences incompatibles, et qui n'a de prise sur aucune des trois. Freud dit qu'elle sert trois maîtres. Le contresens à éviter : identifier le ça au « mal » et le surmoi au « bien ». Le surmoi est aussi peu raisonnable que le ça — il peut être cruel, et une bonne part de la souffrance névrotique vient de sa sévérité, non des pulsions. Et une mise en garde de date : cette figure n'est pas celle de . En , L'Interprétation du rêve propose une première topique — conscient, préconscient, inconscient — qui ne se confond pas avec celle-ci.

Définition 12.3Refoulement

Opération par laquelle une représentation liée à un désir est maintenue hors de la conscience, sans être détruite. Le point décisif est là : ce qui est refoulé continue d'agir, et se manifeste autrement — par un rêve, un lapsus, un oubli, un symptôme. C'est ce qui rend l'inconscient freudien observable : on ne le voit pas, on voit ses effets, et ces effets ont une régularité.

Auteur : Marcel Proust (1871–1922) — un autre moi que celui qui vit

Romancier, auteur d'À la recherche du temps perdu, dont le premier volume, Du côté de chez Swann, paraît en , et des pages réunies sous le titre Contre Sainte-Beuve (rédigées en –, publiées en ). La thèse. Le moi qui écrit un livre n'est pas celui qui dîne en ville : Proust écrit qu'un livre est le produit d'un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. Connaître l'homme n'apprend donc rien sur l'œuvre. Le concept le plus utile. La mémoire involontaire : ce qui compte ne se retrouve pas quand on le cherche. L'intelligence volontaire ne rapporte qu'un passé plat ; le passé vrai revient par accident, à la faveur d'une saveur ou d'un pavé inégal — ce qui est une thèse sur le sujet, non un procédé de style. La filiation. Proust vise nommément la méthode de Sainte-Beuve, qui expliquait l'œuvre par la biographie ; il retourne contre elle l'argument du décentrement. Il n'a pas lu Freud, dont la traduction française commence après la guerre ; la rencontre entre les deux est une rencontre de problème, non d'influence — et c'est ainsi qu'il faut l'écrire.

12.5 Ce que le décentrement laisse au sujet

Figure 4. Six flèches vers la même cible, et chacune emporte autre chose. On dit couramment « le sujet a été critiqué au XIXe siècle » : la figure montre que cela ne veut rien dire tant qu'on n'a pas précisé quoi est retiré. Hume ôte la substance, Rousseau l'origine, Marx l'initiative, Nietzsche la formule même, Freud la transparence, Proust l'unité. Aucun ne nie qu'il y ait quelqu'un. L'usage en dissertation : nommer l'instance. « Le sujet est déterminé » ne prouve rien ; « l'amour-propre, qui n'existe que par comparaison, décide de ce que je crois vouloir » démontre.

Figure 5. Cinq jalons, à l'échelle du temps, et une leçon de chronologie. On raconte le décentrement comme une progression ordonnée : Rousseau, puis Marx, puis Freud. La frise montre autre chose. Le premier coup est porté par Hume en , avant tous les autres, et il est déjà le plus radical — il ne reste rien du moi. Il faut ensuite attendre cent vingt ans pour la formule de Marx, et encore quarante pour Freud : le mouvement n'est pas continu, il procède par à-coups séparés de longs silences. Deux jalons pour Freud : porte la première topique, la seconde. Confondre les deux est une faute courante.

Figure 6. L'objection n'est pas une transition, c'est un argument. Elle est forte : si une instance parle en moi, la responsabilité paraît s'évanouir. La réponse ne consiste pas à en rabattre sur la thèse, mais à voir que le décentrement décrit une condition et non une fatalité. Marx écrit que les hommes font leur histoire — il ajoute seulement qu'ils ne choisissent pas les circonstances. Freud, dans sa trente et unième leçon (), assigne à la cure un but formulé comme un programme et non comme un constat : que le je advienne là où régnait le ça. Ce que la figure vous donne : la structure d'une deuxième et d'une troisième partie. On n'écrit pas « mais on peut nuancer » ; on écrit l'objection, avec sa raison, puis ce qu'elle oblige à préciser.

Méthode : Traiter un sujet sur l'inconscient, la liberté ou la connaissance de soi

  • Nommer l'instance. « Le sujet est déterminé » ne démontre rien tant qu'on n'a pas dit par quoi : l'habitude, la comparaison sociale, la position de classe, le refoulement. Chaque instance a son texte et sa date, et un correcteur les attend (figure 4).
  • Distinguer décentrer et supprimer. Aucun des auteurs de ce chapitre ne soutient qu'il n'y a personne. Un devoir qui prête à Freud la thèse « le sujet n'existe pas » se disqualifie en une phrase : Freud écrit au contraire que le je doit advenir là où était le ça.
  • Prendre l'objection au sérieux. Le décentrement menace réellement la responsabilité : ne pas escamoter la difficulté par un « certes ». La traiter (figure 6) est ce qui distingue une deuxième partie d'une simple concession.
  • Conclure sur ce qu'on gagne. Ce que le sujet perd en souveraineté, il le gagne en intelligibilité : on peut désormais expliquer pourquoi je veux ce que je veux. Une conclusion qui pose ce que coûte et ce que rapporte l'opération est une conclusion.

Repère : Cinq dates à savoir situer

  • — Hume, Traité de la nature humaine, I, IV, 6 : le moi est un faisceau de perceptions. Première dissolution, et la plus radicale.
  • — Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité, note XV : la distinction de l'amour de soi et de l'amour-propre. Le moi social est un produit de la comparaison.
  • — préface de la Contribution à la critique de l'économie politique : l'être social détermine la conscience.
  • — Freud, L'Interprétation du rêve : première topique, et la thèse d'un inconscient actif et déchiffrable.
  • — Freud, Le Moi et le Ça : seconde topique. Le moi devient une instance de composition, non un siège de la conscience.
iRemarque

Un mot sur les traductions, qui est aussi une règle de méthode. Freud, Marx, Nietzsche et Hume sont dans le domaine public dans leur langue ; les traductions françaises récentes ne le sont pas, car un traducteur est un auteur. Quand vous citez, préférez donc l'idée, exactement restituée, à la formule empruntée — et si la formule est indispensable, donnez-la en signalant qui traduit. Cette prudence n'est pas seulement juridique : elle vous oblige à comprendre ce que vous citez.

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