Bâtir un plan complet
Exercice · niveau 3 (difficile) · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 14 — Le destin des Lumières : procès et prolongements
Énoncé
Sujet : « Peut-on critiquer la raison ? » Proposer un plan en trois parties, chacune énoncée par une thèse et non par un thème, avec pour chacune l'exemple daté qui la porte.
Corrigé
I — Oui, et c'est nécessaire, car la raison a des usages qui la trahissent. Une rationalité qui n'ajuste que des moyens laisse la fin hors d'examen. L'exemple qui porte : la distinction de Weber (Économie et société, posthume, 1922), et le procès qu'en tire la pensée de 1944.
II — Non, car toute critique de la raison est encore un exercice de la raison. Elle argumente, elle veut convaincre, elle s'expose à la réfutation. L'exemple qui porte : Nietzsche (1887), qui mène le soupçon jusqu'à la vérité même, et le mène au nom de la probité intellectuelle — vertu héritée de ceux qu'il attaque.
III — Le vrai partage n'est pas entre critiquer la raison et la défendre, mais entre deux façons de critiquer. Celle qui accepte d'être critiquée à son tour, et celle qui invoque une autorité soustraite à l'examen. L'exemple qui porte : la figure 1 — Rousseau en 1750 argumente devant ses adversaires et leur laisse la parole ; Maistre en 1797 invoque un plan providentiel, contre lequel aucune objection ne peut rien.
La faute à éviter. Le plan « la raison a du bon, la raison a du mauvais, il faut de la mesure ». Il ne pose aucun critère, donc il ne démontre rien — et le correcteur l'a lu vingt fois avant vous.
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.