Adloun

La Terreur, imputation ou conséquence

Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 14 — Le destin des Lumières : procès et prolongements

Énoncé

« La Terreur est la vérité des Lumières. » Réfuter cette phrase sans plaider, c'est-à-dire en concédant d'abord ce qu'elle a d'exact.

Corrigé

Ce qu'il faut concéder. Un pouvoir qui se réclame de la raison peut traiter la contradiction non comme une opinion à réfuter mais comme une faute à supprimer. Le mécanisme est réel et il est documenté ; c'est ce que Hegel analyse en 1807 sous le nom de liberté absolue, et son analyse n'est pas hostile au principe de 1789.

Ce qui réfute la phrase. Trois faits. Un : la Terreur tue d'abord des hommes des Lumières — Condorcet meurt en prison en 1794 après avoir écrit l'Esquisse dans la clandestinité, Lavoisier est guillotiné la même année. Deux : les principes qui condamnent la Terreur sont antérieurs à elle et sortent des Lumières — la séparation des pouvoirs (Montesquieu, 1748), la légalité des peines et le refus de la torture (Beccaria, 1764). Trois : le mot « vérité » dans la phrase suppose une nécessité, or on ne démontre pas une nécessité par une succession de dates.

La formule juste. « La Terreur est un usage possible du langage de la raison, contre lequel les Lumières avaient elles-mêmes écrit. » Elle concède le mécanisme et refuse l'imputation.

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